Guide du Noob #7 – Quand l’écolo chope des défauts

Alors c’est bien, on a vu des règles d’or, des pistes pour réduire ses déchets, manger bio ou bien recycler

Youpi tralala tout va bien dans le meilleur des mondes, le ciel est fait de barbe à papa et la terre de pain d’épices et y’a des licornes en sucre qui galopent, leurs crins-mozarella (ça va, je cherchais un truc qui fait des fils) au vent.

ET BAH NON

no

Méfiance mon petit Archibald*, car même au pays de Candy de l’écologie tu peux te retrouver avec des comportements pas très jojo, et là c’est la caca, c’est la cata, c’est la catastrophe.

(Oui j’exagère, oui je suis grandiloquente, oui j’aime le mot grandiloquente, et alors ?)

Mais il y a quand même des comportements à éviter quand on veut mettre un petit peu plus d’écologie dans sa vie.
(selon moi hein, je suis pas LA référence internationale de l’univers)
(libre-arbitre et choix pour tous les peuples) (avec des poneys aussi, c’est gentil les poneys)
(Est-il besoin de préciser qu’une grande partie de cet article est à prendre au second degré ?)

*Toujours le même, la personne de votre entourage qui essaie toujours de vous mettre les bâtons dans les roues … mais qui devient un petit peu écolo quand même !

Temps de lecture : 6 minutes


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  • Surconsommer pour déconsommer

Mea culpa, je tombe dedans régulièrement : c’est l’un des pièges assez courants quand on se lance ! On veut tout bien faire, on veut repartir de zéro, et du coup on a tendance à juste … racheter des choses.

« Oui j’ai acheté une troisième passoire, mais elle est d’occasion, donc ça va c’est pas gênant« .

« J’ai jeté toutes mes éponges pour les remplacer par des tawashis. J’en ai pris 24, ça devrait aller« .

« J’ai vidé mes 4 bouteilles de shampooing cracra dans la douche, et je me suis acheté trois shampooings solides pour les remplacer« .

take my moneyMoi quand j’ai arrêté le shampooing conventionnel pour passer aux produits naturels … 

Vous cernez le souci ?
Sous couvert de faire mieux, on bascule dans l’excès. Trois passoires, ce n’est pas franchement nécessaire (sauf si vous faites trois kilos de pâtes à chaque repas, je sais pas moi, peut-être que vous êtes dix-huit à la maison).
Le fait qu’elles soient d’occasion ne change pas grand chose à cette absence de nécessité et même d’utilité, ou encore de positivité (un tableau ou une plante, je dis pas, mais je doute du surplus de confort qu’une troisième passoire peut apporter dans la vie quotidienne).

Pareil pour le fait de jeter des choses encore totalement utilisables, pour les remplacer plus vite par des solutions durables : on voudrait commencer tout de suite, on est tellement pressé !
Mais c’est un véritable gaspillage. Si on ne souhaite vraiment plus se servir de ces objets ou produits, on peut les donner, plutôt que de les jeter 🙂 Des assos caritatives seront ravies de récupérer vos vingt bouteilles d’Ailsaivedeulauréale que vous aviez en stock.

shampSinon donnez-les à votre chien pour qu’il s’amuse, chais pas moi. 

L’achat en grandes quantités de produits/objets réutilisables n’est pas nécessaire. L’exemple des tawashis en flagrant : c’est hyper durable comme objet, en avoir 2 suffit amplement (pour pouvoir faire la rotation quand on en lave un à la machine).

De la même manière, quand j’ai arrêté les shampooings conventionnels, j’ai acheté une foultitude de poudres ayurvédiques (lire ici), qui ne m’étaient pas du tout utiles. J’en ai même donné quelques-unes que je n’arrivais pas à finir XD

Je suis moi aussi tombée dans le piège que je nomme « AromaZone-like » (car il n’est pas limité à l’enseigne AZ), c’est-à-dire de me lancer dans des trucs sans vraiment me renseigner, en ayant juste hâte de commencer, et donc en achetant tout ce que je voyais sur une recette.
Conseil : ne faites pas la même chose, vous allez vous retrouver (comme moi) avec de la poudre de fenugrec sur les bras (c’est très efficace, mais ça pue tellement que je n’ai jamais pu m’en servir plus d’une fois !).

stinkMon mec quand je faisais un masque à la poudre de fenugrec.

Bref, on remarque assez vite que si écologie et minimalisme sont souvent liés, ce n’est peut-être pas tout à fait par hasard !


  • Vouloir aller trop vite et/ou trop fort

On en avait parlé dans les règles d’or (ici). Prendre son temps est essentiel.

On le sait … Et pourtant il n’est pas rare qu’on veuille aller plus vite que la musique.
On vire tous ses anciens produits et on les remplace tous. On arrête totalement les produits animaux d’un coup. On vise direct le bocal d’un litre de déchets par an (comme Bea Johnson).

yoloMoi quand je vise un peu trop au-dessus de tes capacités …

Et en fait on n’y arrive pas, on se décourage, voire on culpabilise, bravo, on a gagné la timballe.

Alors j’dis pas hein, il y en a pour qui ça marche bien. Perso j’ai arrêté viande et poisson presque du jour au lendemain et ça a très bien marché.
Mais pour arrêter de faire mes courses au supermarché, ça a pris plusieurs mois (et même encore aujourd’hui, ça m’arrive d’y retourner pour une bricole que j’ai pas trouvée à la Biocoop).

Donc il vaut mieux prendre son temps, parce que le progressif c’est vachement moins traumatisant (sauf pour une paire de lunettes) (mais quel humour, c’est un festival) (#artisandurire).


  • Verser dans le prosélytisme ou dans le jugement

Ça y est, on se sent écolo, jusqu’au bout des ongles d’orteils.
Naturellement, c’est la bonne voie à suivre. On est en convaincu. Même que les autres ne sont rien que des ignorants inconscients et égoïstes.

Alors on va rabattre les oreilles de notre entourage, et commencer à faire la promotion de notre mode de vie en mode campagne de pub d’une marque de soda en période de Noël (je ne vise personne) (si).
Et on en parle, encore et encore, tout le temps, à tout le monde. Mais pas en mode sympa-gentillet, non. En mode intrusion, en jugeant allègrement son entourage, en des termes pas très agréables.

garbageJuger son entourage : illustration.

Je veux décrire par là le comportement des gens qui vont relever n’importe quel prétexte pour dire « moi je fais comme ci », « moi je fais comme ça », ou pire, « t’as pas honte de polluer ? » ou « c’est à cause de gens comme toi que des tortues meurent chaque jour » …

Les parents qui utilisent de l’essuie-tout ? « Moi j’utilise des lingettes lavables, hors de questions de ruiner la planète comme vous ! »
Les amis qui boivent dans des gobelets en plastique ? « Sérieusement tu pourrais prendre un verre en verre, c’est pas compliqué si ? Assassin ! »
Les collègues qui vont à la machine à café trois fois par jour ? « Vous devriez faire du café avec un cafetière à piston, vous n’avez pas honte de créer des déchets à chaque pause café ?« 

escalatedMes amis quand je les accuse d’assassiner des tortues de mer à cause des pailles de leurs cocktails.

Alors attention, je ne suis pas du tout en train de dire qu’on doit garder notre mode de vie secret. Je dis juste qu’il peut être épuisant pour les autres d’entendre quelqu’un la ramener sous n’importe quel prétexte, même quand la conversation ne se prête pas à ce genre d’échanges.

C’est pire encore quand on se permet de porter des propos jugeants. Y’a rien de tel pour braquer les gens et les conforter dans l’idée que écolo = hystérique/relou (ou les deux à la fois, soyons fous).

Du coup, le message porté (mal porté, certes) se perd complètement parce qu’il est totalement camouflé par l’agression du jugement. Y’a mieux, comme méthode de sensibilisation !

Et ça vaut pour tous les sujets hein. Ceux qui ne peuvent pas s’empêcher de tout ramener à l’écologie, de la même manière que ceux qui ne peuvent pas s’empêcher de tout ramener à leur nouvelle voiture, leur conjoint ou leur coupe de cheveux (ou aux poneys, ou à Broussette, mais là je dis ça pour moi).

unicorn

Selon moi, mieux vaut aborder la question de manière plus progressive, en parlant d’alternatives mais de manière très ouverte, limite en glissant ça discrétos dans la conversation ! Éveiller les consciences, c’est pas les réveiller brutalement avec un seau d’eau et une sirène de pompier 😀

wakeup« Se prendre une claque » doit rester au sens figuré …


  • Penser qu’on a raison sur toute la ligne

Parfois on se dit qu’on est bien renseigné, que la manière dont on fait ou voit les choses est la meilleure.
Alors on est persuadé qu’on a raison.
Alors que pas forcément.

Exemple tout bête : les recettes de lessive maison. On peut en faire une qui fonctionne très bien pour nous, mais qui ne fonctionnera pas forcément aussi bien chez quelqu’un d’autre (dureté de l’eau, machine, etc …).
Ça ne veut pas dire que notre recette est naze, ou que celle de l’autre personne est naze. Donc il n’est pas très pertinent de dire que NOTRE recette est la SEULE qui fonctionne, et même que si tu la fais un soir de pleine lune elle ramène l’être aimé en même temps qu’elle enlève les taches.

witchMême Hermione elle sait que c’est des conneries.

On est tous susceptibles de s’améliorer, de progresser, ou juste de changer d’avis. De se tromper. Si on ne prend pas cet élément en compte, on finit par devenir ce genre de personnes qui sont tellement enracinées sur leurs croyances qu’elles en deviennent aigries. C’est dommage, quand même, non ?

Accepter qu’on peut se tromper, qu’on peut avoir tort, que nos solutions ne sont pas universelles, c’est quand même beaucoup plus sain pour le cerveau. La remise en question, c’est un peu la base de tout, dans une démarche écolo. Et ce n’est pas parce qu’on est devenu écolo, que la nécessité de cette remise en question cesse. Au contraire !

Avec cette idée, j’en rajoute une autre : la nécessite de continuer de s’informer. Et de continuer de se poser des questions, et d’y répondre le plus objectivement possible.
Même quand on est avancé dans sa démarche -je dirais même plus, surtout quand on est avancé dans sa démarche.
Être « expérimenté » ne dispose en aucun cas de continuer à se montrer curieux et, surtout, de cultiver son honnêteté intellectuelle.
Personne n’est au-dessus d’une remise en question.

Pas même Broussette.

IMG_9336« Hin koua on parle ANKAURE deu moua ?!? »


  • Dire « oui » ou « non » à tout, par principe

Aaaah, le fameux biais psychologique …
Il y a dans le mode de vie écolo ou zéro déchet de nombreux paliers, qu’on pense ne jamais pouvoir dépasser. Alors souvent, on commence par dire « non c’est impossible« , sans même se donner la peine d’essayer ou même juste d’y réfléchir de manière objective.

On est parfaitement en droit de refuser une alternative ou une solution ; du moment que le refus est motivé consciemment, et qu’on ne le cache pas derrière de fausses excuses.

Exemple très trivial : utiliser de l’eau et des lingettes lavables aux WC, à la place du papier toilette.
Perso, je ne pense pas y arriver de sitôt … Mais au lieu de dire « non non les gens qui font ça sont dégueu » (parce qu’en vrai, se laver c’est quand même vachement plus propre que du simple PQ), je me dis juste « je ne suis pas prête pour ça, ça dépasse trop de ma zone de confort« .

La nuance n’a pas l’air importante, mais je pense qu’elle l’est : c’est toute la différence entre rejeter une idée en bloc pour ce qu’elle est, et la rejeter pour ce qu’elle représente pour nous. Parce que oui, ce n’est pas toujours la même chose.

À l’inverse, dire « oui » à tout, juste parce qu’on nous dit que c’est écolo, c’est pas mieux non plus.

preachMoi quand on me dit « mais si, rase-toi la tête, c’est vachement plus écolo »

Certains solutions ne conviennent pas à tout le monde.
La coupe menstruelle peut ne pas convenir du tout à une femme alors qu’une autre ne jure que par ça.
Se forcer à acheter son thé en vrac alors qu’il n’est pas bon, c’est pas non plus la panacée.

Bref, c’est comme pour tout dans la vie : il y a des choses qui ne nous conviennent pas. Je sais que quand on est bien engagé dans sa démarche écolo/ZD, ça peut être très frustrant de devoir faire un pas en arrière parce que la solution qu’on a testée ne convient pas.
Mais se forcer et s’obstiner a des effets contre-productifs importants (à base de découragement, de frustration intense et de culpabilisation -le tiercé gagnant).

Mieux vaut prendre un peu de recul, prendre le temps de peut-être chercher une autre solution (une autre recette, un autre objet, une autre méthode …) : c’est moins contrariant et moins épuisant mentalement !


Voilà selon quelques travers qui peuvent se présenter au cours d’une démarche écolo. Il y en a sûrement d’autres, mais ce sont ceux que j’ai identifiés facilement car ils reviennent régulièrement (par exemple sur le groupe GBEM ^^).

Perso j’ai été touchée par le premier point : j’ai eu tendance, au début, à acheter plein de trucs nouveaux pour essayer, pensant que ça me ferait avancer plus vite … Et bah pas du tout XD

Et vous, quels travers ou dérapages avez-vous observé (chez vous ou chez d’autres gens) ?