Guide du Noob #5 – Les bases de l’alimentation bio : En pratique

Dans l’épisode précédent (bienvenue dans une série américaine, « Previously in the Noob Guide »), j’avais maladroitement essayé d’expliquer pourquoi manger bio, c’est cool (grosso modo).

sarahs-scribbles

Sarah Andersen, toujours juste ^^

Alors c’est bien beau tout ça, me dit Archibald*, mais concrètement je fais comment ? Où je vais ? Comment je fais pour ne pas provoquer une guerre mondiale avec mon banquier en achetant bio ?

* Toujours le même Archibald que dans l’épisode 2 😀

Viens mon petit, laisse-toi guider dans les rayons bio du magasin bio avec ton cabas bio !

Il va sans dire que tout ça sont de simples pistes à envisager et explorer, non pas des « règles » à appliquer 🙂 Comme dans toute cette démarche, le principe de base étant « on essaie avant de se censurer » et « on y va tranquillou bilou » (devise non contractuelle).

Où acheter bio ?
Comment acheter bio sans casser son PEL ?



Temps de lecture : 12 minutes (j’ai peur de rien)


Où acheter bio ?

  • Le bio de supermarché et le bio industriel

Du bio, vous en avez forcément vu en supermarché. Un rayon fruits et légumes, des produits bio mélangés aux autres en rayon (ou un rayon dédié)  …
Mais vous avez sans doute remarqué, concernant ce bio de supermarché, qu’il est suremballé, ou qu’il vient de loin, etc.

Alors du coup, légitimement, on se demande ce qui est le mieux : du pas-bio-mais-sans-emballage, du bio-mais-sous-plastique ? Du pas-bio-mais-local, du bio-pas-local ?

mathMoi quand j’essaie de savoir ce que je dois acheter

Sur ces questions, je vous laisse vous pencher sur l’article fort instructif d’Herveline qui tord le cou à certaines idées reçues !
Je vous renvoie aussi directement à ce petit document sympathiquement illustré qui reprend quelques idées préconçues sur l’agriculture bio …

bio_local.png

Illustration issue de ce même guide

Quelques éléments :

Le bio de supermarché est souvent hors de prix (et donne donc la fausse impression que bio = pour les riches). Mais les producteurs bio ne sont pas mieux rémunérés par les supermarchés que les conventionnels. Traduction : les enseignes de grande distribution se prennent une marge encore plus confortable sur le bio que sur le non-bio. Encore une fois, au détriment du producteur (pareil que pour le non-bio, en somme)

sorciereLa grande distribution, une allégorie (pas du tout exagérée).

Le bio industriel est souvent suremballé. Les pommes en barquettes de 4, les patates sous plastique … Vous gagnez en bio (et encore) et vous perdez en déchets, pas sûr que ce soit le combo gagnant.

yeahnoLa fausse joie.

Le bio industriel est souvent issu de l’étranger. Pour les produits secs et transformés, comme pour le frais, regardez bien la provenance.
Et souvenez-vous que « fabriqué en France » ne veut pas dire que tout le produit est fait dans l’Hexagone : on peut fabriquer de la purée en France, mais en faisant venir les patates du Chili, le lait de Pologne, etc etc.
Bref, regardez l’origine et la provenance, car cela ça a son importance : les cahiers des charges du bio ne sont pas du tout équivalents selon les pays ! Un produit considéré comme bio dans un pays ne l’est pas forcément dans un autre.
Le label européen peut donner une première indication, sans toutefois être la garantie d’un produit de super qualité …

mefianceMoi quand j’analyse les labels bio.

Le bio industriel est … industriel. Histoire de se compliquer encore un peu la tâche, il faut faire une distinction entre bio industriel et bio plus local, en circuit court par exemple. La différence entre ce qui n’a de bio que le label ; et ce qui est bio dans la démarche et l’engagement.
L’explosion du bio a mené à l’industrialisation de la bio (comprenez, de l’agriculture bio), qui a alors récupéré certaines méthodes de l’agri conventionnelle : production éloignée géographiquement, surproduction, accaparement des terres, épuisement des sols …
Quelques lectures à ce sujet :

Cela dit, ne soyons pas pète-secs (pète-sèches ? au féminin ?) : acheter bio en supermarché peut être un bon compromis vers une amélioration de sa consommation. Pour peu qu’on reste vigilant.


  • Les enseignes bio

Vous le savez peut-être, je fais l’essentiel de mes courses en Biocoop. Surtout parce que c’est pas loin de chez moi (#teamfeignasse), mais aussi parce que j’adhère à la démarche de Biocoop. Ça reste un magasin, donc à but lucratif, mais le fait de fonctionner directement avec des producteurs a son importance (dans la Biocoop près de chez mon grand-père en Bretagne, on trouve des légumes du coin par exemple).

BREF, acheter bio c’est bien, en magasin spécialisé c’est plus facile !
Pourquoi ?

– La plupart des magasins bio ont un rayon vrac : ça aide à limiter ses déchets, et le bio en vrac est moins cher que le bio emballé. On en reparle plus bas !

– On est un peu plus à l’abri du greenwashing, donc des produits qui ont l’air clean mais qui en fait ne le sont pas. Attention, ça ne dispense pas de regarder les étiquettes 🙂

– En fonction des produits, on trouve moins cher en magasin bio qu’en supermarché … Si si je vous jure !

– Et puis c’est pas du tout la même ambiance. À ma Biocoop, on tombe quasi tout le temps sur le même caissier, super sympa, qui connaît les noms des gens, demande des nouvelles, etc. On prend davantage de plaisir à faire les courses, du coup.

coursesMoi quand je fais mes courses à la Biocoop (non).


  • Les producteurs ou coopératives paysannes

Si vous avez la chance d’avoir autour de chez vous des producteurs ou coopératives bio qui font de la vente directe, allez y faire un tour ! Déjà, c’est toujours rassurant de voir pour de vrai ce qui se passe sur une exploitation (au moins, tel Saint-Thomas, vous ne croirez que ce que vous voyez, et personne n’essaiera de vous enfumer avec des belles paroles sur des poules qui vivent au grand air alors qu’elles sont serrées dans des cages tels des Parisiens dans le métro à l’heure de pointe).

trainL’élevage en batterie, vue d’artiste.

En plus de ça, l’intégralité de ce que vous paierez reviendra au producteur, au lieu de tomber dans la poche d’intermédiaires. Circuit court, éthique clean, que du bon !

Pour vous aider, j’ai trouvé ce site : Locavores.fr. C’est un début, mais en demandant autour de soi ou sur les marchés, on trouve d’autres possibilités !


  • Les AMAP

Vous le savez peut-être aussi, j’aime mon AMAP. Toutes les semaines, on va chercher des légumes, ils sont toujours excellentissimes, très variés, et produits à moins de 100km de chez moi. Alors je sais, pour certains ce n’est plus très local, mais des légumes frais, bio, en vente directe à moins de 100km de Paris, ça ne court pas non plus les rues (pour peu que des légumes aient des jambes pour courir, #humournaze).

IMG_9761Aperçu des 4 saisons avec mon AMAP !

Bref, l’AMAP est un système gagnant-gagnant, pour le consommateur comme pour le producteur. Le fonctionnement peut varier selon les AMAP, mais grosso modo le consommateur s’engage par contrat (abonnement) à acheter un certain nombre de paniers à l’agriculteur, qui a donc un financement garanti.

La contrepartie, c’est que le consommateur reste solidaire du producteur même en cas de baisse de production ; MAIS les fruits et légumes sont locaux, bio, moins chers qu’en magasin, et très souvent d’excellente qualité. Comme il n’y a pas d’intermédiaire, le producteur est bien mieux rémunéré !

richeLe producteur de mon AMAP quand il reçoit les chèques de l’année (non).

Il y a donc plusieurs dimensions qui interviennent quand on a recours à une AMAP :
– la dimension santé : alimentation bio
la dimension écologie : moins de pesticides et de transports
la dimension éthique : rémunération juste du producteur
la dimension solidaire : soutien du producteur quand il est en difficulté.

Pour en savoir plus et trouver une AMAP près de chez vous => L’annuaire national des AMAP


  • La Ruche qui dit oui

Je ne connais pas du tout cette enseigne. Tout ce que je sais, c’est qu’elle fonctionne en coopérative avec des producteurs locaux, et qu’elle est souvent sujette à controverse en raison du reversement de commission par les producteurs à la Ruche (il ne récupère pas 100% du prix du produit, et il ne bénéficie pas d’avance de trésorerie comme c’est le cas avec le système AMAP).

Des voix se sont également élevées pour dénoncer le fait que La Ruche compte dans ses actionnaires des figures pas forcément associées à l’éthique et à l’écologie (Xavier Niel, patron de Free, par exemple).

Je ne prends pas position sur ces aspects ; néanmoins, je me dis que c’est aussi une bonne étape de transition pour améliorer sa conso. En somme, j’ai pas d’avis, je suis utile, merci au revoir.

merci

Et si vous avez peur de mettre vingt ans (environ) à faire vos courses, rendez-vous là.


Comment acheter bio sans casser son PEL ?

(ou vendre un organe, si comme moi vous n’avez pas de PEL) (la faute à la crise immobilière ma bonne dame)

  • Cultiver son jardin

Poke Candide (de Voltaire) (notons que la citation « il faut cultiver son jardin » est très à propos dans les thématiques qui nous intéressent puisqu’elle dit qu’il faut renoncer aux questions métaphysiques et se concentrer sur la transformation du monde physique et actuel. Voilà, c’était la minute littéraire. De rien).
Si vous avez un champ, un jardin, un lopin, un balcon, ou un rebord de fenêtre, vous pouvez envisager de faire pousser des trucs !
Bon si comme moi vous avez 3 jardinières sur le rebord de la fenêtre, ça va peut-être pas vous mener à l’autosuffisance, mais c’est déjà ça.
À la maison je fais pousser (enfin mon copain fait pousser, moi je suis nulle en jardinage) du basilic repiqué depuis une tige de l’AMAP, il tient étonnamment bien le coup dans l’automne parisien et puis le basilic c’est un peu LA BASE quoi.

Il existe des plantes très faciles à cultiver même quand on a deux mains rouges (l’inverse chromatique du vert, #jeudemotartistique). Des pistes par ici !


  • Réadapter son alimentation

Si on se pointe au magasin bio avec sa liste de courses sans n’y avoir rien changé, il y a fort à parier que notre porte-monnaie va faire la tronche.
Passer à une consommation bio exige de revoir ses habitudes et ses mécanismes. Si on a un budget limité, alors il faut le réaménager.

Sinon ce serait comme essayer de faire rentrer trop de meubles dans une petite pièce. Ça marche pas. Croyez-moi, j’ai essayé.

movingOu comme faire rentrer une armoire de 2m50 de haut dans une Opel Corsa. J’ai essayé aussi, je recommande pas.

La grande distribution a la fâcheuse manie de nous faire croire qu’on ne peut pas survivre sans certains produits -céréales du petit dej, desserts, viande-poisson …-, et surtout sans les acheter en grande quantité (je me demande bien QUI est devenu lutteur pro en se nourrissant de Frosties, vous savez, « Le tigre est en toi »).
On a donc tendance à penser -sincèrement hein- qu’on DOIT manger de la viande ou du poisson trois fois par jour, avec des féculents ET des légumes ET un laitage bien sucré. SINON T’ES PAS EN BONNE SANTÉ OKAY ?!?

armeeRéaction tout à fait mesurée (non plus).

En pratique, ça veut dire des produits pas chers, mais à la qualité douteuse (sans même parler du suremballage).

Alors je dis pas, y’a des produits de bonne qualité dans la grande distribution hors bio, faut pas déconner non plus (si on met de côté les aspects éthiques, écologiques et déchets, soit la majeure partie de la problématique, mais bon).

Mais globalement si on tient absolument au sacro-saint repas « type », on est vite obligé de taper dans du pas trop cher si on veut éviter de revendre sa voiture/sa collection de Lego/son facteur pour se payer trois lardons et une Danette.

En parallèle, ces produits -transformés ou animaux- en bio sont (très) chers. Vous l’aurez sûrement remarqué.

DONC l’une des solutions serait simplement d’en manger moins souvent, mais de privilégier la qualité.
Par exemple, acheter des céréales bio, mais en manger un peu moins. De toutes façons, comme on y reviendra un peu plus bas, il y a fort à parier que la version bio ait un index glycémique plus faible et nourrisse donc plus que la version non bio-raffinée.

Pareil, au lieu d’acheter 25 steak hachés premier prix pour en manger 5 jours par semaine, pourquoi ne pas opter pour de la viande de bonne qualité (chez le boucher par exemple) mais n’en manger que 2 ou 3 fois dans la semaine ?
Pas la peine de virer végé hein (sinon on va m’accuser de prosélytisme) ! Juste, réduire un peu sa conso pour pouvoir se permettre une meilleure qualité.

Évidemment ces aménagements seront différents selon chacun. Certains ne se verront jamais ne plus acheter de cookies tout faits. Pour d’autres, c’est un point qui peut se négocier.


  • Lâcher du lest

Personne ne vous impose de passer au tout bio en quatre secondes et demi.
On prend son temps, on fait ça progressivement, pour s’habituer et se donner la possibilité de réajuster son budget au fur et à mesure.
S’il augmente un peu, on ajuste. Avec du temps, il finira peut-être même par baisser !
(Ça a été mon cas)

Personne ne vous en voudra si vous choisissez de n’acheter que certains produits en bio et pas le reste. Souvenez-vous : un peu, c’est déjà beaucoup. Même si dans un premier temps vous ne prenez que les pâtes bio.

Personne ne vous en voudra non plus s’il n’y a pas de dessert à chaque repas (d’ailleurs le dessert c’est très culturel, il y a plein de pays où on n’en prend pas et les gens survivent très bien) ou si vous faites des pâtes deux jours d’affilée.

On en avait déjà parlé dans l’épisode 3 du guide du noob consacré aux 5 règles d’or. Si on se force, si on va trop vite, on multiplie les chances que ça foire. Le changement est plus durable quand il est progressif (surtout si le porte-monnaie est en jeu !).

Alors on respire, pas de pression, pas de stress, faire de son mieux c’est déjà beaucoup 🙂


  • Acheter moins

« SANS DÉC’ SHERLOCK » pensez-vous très très fort (je vous entends).

sherlockBon ça va hein.

Mais si, laissez-moi m’expliciter #neologisme.

Depuis que je mange tout bio, je mange moins.
Et pourtant, je n’ai pas plus faim, je n’ai pas maigri non plus (à mon grand désarroi).
C’est quelque chose qui m’a frappé, notamment lors de mon challenge de février (100€ de courses tout bio pour le mois), avec beaucoup de gens qui disaient « nan mais moi je peux pas, si je mange que ça je décède » (ou à peu près), sous-entendu que je ne mange pas assez et que mes portions sont trop petites.

dinerAlors que je suis plutôt ce genre de personne.

Oui, elles sont plus petites qu’avant. MAIS ça ne veut pas dire qu’elles sont moins nourrissantes, au contraire !
Comment je cuisine quasiment tout (cf la suite de l’article), je n’utilise presque que des produits bruts, et idéalement complets (pâtes, riz, farine …).
Et c’est bien connu, les céréales non raffinées rassasient mieux que les céréales blanches (l’index glycémique, toussa).

La valeur nutritive des produits bruts est globalement plus élevée que celle des produits transformés (t’sais quand t’achètes un plat préparé ou des pâtes blanches) qui contiennent beaucoup d’ajouts non nécessaires à la nutrition (sirop de glucose-fructose pour sucrer, soupes épaissies non pas avec des légumes mais avec des poudres …).
Du coup, j’ai besoin d’une quantité plus réduite pour être rassasiée ; et donc, je peux acheter moins d’aliments !

CQFD : je mange tout aussi bien (en quantité), mieux (en qualité), et pour un budget maîtrisé.

reactionComment j’imagine votre réaction en lisant ça pour la 10ème fois.


  • Acheter des produits bruts

Si vous achetez des produits transformés en bio, vous allez sûrement bondir. Leur prix est souvent très élevé (en plus d’être souvent suremballés).

Du coup, mieux vaut acheter des produits bruts. Au lieu d’un paquet de gâteaux, on préfère de la farine, un peu d’huile et de chocolat, et on fait des cookies en 10mn.
En général ils sont aussi plus nourrissant, en plus de revenir moins chers que les biscuits industriels.

Alors je vous vois venir : « Mais si on n’a pas le temps ?« .

retard

Plusieurs réponses à cela :

– Si vous avez un congélateur, c’est votre meilleur ami (désolée pour votre vrai meilleur ami). Cuisiner en plus grande quantité permet de gagner du temps : c’est pas beaucoup plus long de faire 2 bocaux de sauce tomate plutôt qu’un, et je gagne beaucoup de temps pour la suite.

Chacun ses priorités. Perso je prends quelques dizaines de minutes le soir (ou 2h le weekend pour la semaine suivante) pour cuisiner, rien d’hyper chicos hein, mais je préfère ça à regarder la télé en mangeant une barquette 😀 (c’est vachement mieux de regarder Stranger Things en mangeant des pâtes aubergines-mozza maison).

Lâchez du lest (oui, encore). C’est pas grave si cette fois-ci vous ne faites pas vos cannellonis épinard-ricotta vous-mêmes. Personne ne va venir vous flageller chez vous. Peace and love and cannelloni tout prêts.

Alors certes, ça demande de prendre le temps de faire sa tambouille -mais c’est pas les recettes rapides qui manquent sur l’internet mondial de la toile internationale. En s’organisant un tout petit peu, on peut même prendre de l’avance et se réserver des soirs de flemme ! (vis ma vie de feignasse)

Surtout que bon, on n’est pas obligés de faire grand luxe tous les jours hein. Une soupe ou une purée, en moins de 30mn c’est fait (surtout que pendant que ça cuit, on peut faire des trucs utiles comme jouer à Rayman ou gratouiller Broussette la lapine).

21682445_10154920365413388_1412427963_o« Merci de ne pas m’embarquer dans tes histoires, je chille dans ma cabane en carton, cordialement, BROUBROU ».


  • Acheter en vrac

Pour un même produit bio, le vrac est quasi tout le temps bien moins cher que le même produit emballé.
Forcément, sur un produit (bio ou pas bio), l’emballage représente 15 à 40% du prix ! Pas mal pour un truc qu’on va finir par jeter …

J’ai même comparé dans ma propre Biocoop :
– Le riz thaï complet emballé est 35% plus cher que le même riz en vrac
– La farine T65 emballée est 41% plus chère que la même en vrac
– Les pâtes demi-complètes emballées sont 56% plus chères que celles en vrac !
J’aurais pu faire la même comparaison pour tout ce que propose mon magasin en vrac. Mais j’ai pas eu le temps, mon copain m’attendait à la caisse, bref.
Je sais pas si ça vaut le coup de payer un tel surcoût juste pour un emballage plastique …

Le vrac est donc une solution à double effet kiss cool : pour peu que vous réutilisiez les sacs fournis, ou que vous ayez vos sacs en tissu, vous réduisez vos déchets tout en évitant de payer trop cher ces produits.

Si le rayon vrac de votre magasin bio n’est pas très fourni, n’hésitez pas à vous renseigner autour de vous (il existe de plus en plus de magasins dédiés au vrac), ou bien à demander tout simplement à votre magasin s’il est possible de proposer plus de produits en vrac 🙂

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  • Faire des menus

Bwaaah le grand classique.
À la base quand on me parlait de faire des menus, je faisais une grosse grimace en mode « c’est bon pour les familles nombreuses, la vie est trop courte pour décider à l’avance de ce que je vais manger ce soir, #YOLO« .

yoloJe présente mes excuses à tous les fans du Seigneur des Anneaux pour cet odieux détournement d’une scène chargée d’émotion,
mais c’était trop tentant.

Sauf qu’en fait et bah c’est super pratique.
D’une part, ça évite de chercher des idées chaque soir pour savoir ce qu’on va manger (toi-même tu sais, ce moment devant ton frigo où t’as juste zéro idée).
D’autre part, ça permet de faire une liste de courses, et donc de n’acheter que ce dont on a besoin pour la semaine, et donc de ne pas acheter de trucs inutiles (= je respecte mon budget et j’évite le gaspillage alimentaire).

En plus de ça, j’ai une conception des menus assez souple : hors de question de dire que lundi c’est dhal de lentilles, mardi c’est fondue de poireau …
À la place, je fais juste une liste de plats pour la semaine, et je pioche dedans chaque jour en fonction du temps dont je dispose, de mes envies et de ma motivation. C’est déjà vachement plus pratique de choisir entre  7 plats, plutôt que de devoir improviser chaque jour. C’est un peu la carte de mon propre restaurant !

menu


  • Composer avec ce qu’on a déjà

J’en parlais dans mon challenge de février : le stock alimentaire s’installe insidieusement. T’as beau acheter pile poil ce qu’il te faut, y’a toujours des restes !
Du coup, pour composer mes menus, je regarde toujours d’abord ce que j’ai dans mes placards. Il reste du quinoa ? Oké, on va faire des steak végétaux, j’ai juste à acheter un peu de lentilles. La fois d’après, il reste un peu de lentilles ? Oké, je vais faire une mousse de lentilles. Etc etc !

Déjà, ça facilite la composition des menus, et puis je n’ai pas à acheter ce que j’ai déjà (logique) (mais ça va mieux en le disant).


  • Diminuer le gaspillage

Le chiffre qui picote, c’est celui-ci : en moyenne, on jette en France 34kg de denrées alimentaires par an et par personne. À la maison hein : ce chiffre n’inclue pas la restauration collective ou les restaurants.
Soit, selon l’ADEME, 108€ par an et par personne. Faites le calcul avec la composition de votre foyer : ça risque de faire peur.

calculEnviron comme ça.

Donc réduire, voire éliminer le gaspillage vous aide à faire baisser la facture, y compris en bio. « Il suffit » d’accomoder vos restes. Je mets des guillemets parce que je sais que ce n’est pas toujours facile, mais avec l’habitude, on arrive à trouver plus facilement des idées ! Internet regorge de sites et de blogs proposant des idées pour cuisiner les restes.

Et si vous cuisinez vos restes, vous avez moins besoin d’acheter d’aliments (puisque les restes vous font un second repas). Pouf, diminution du ticket de caisse !


  • Acheter de saison

Eh c’est un peu la sainte trinité ça : bio, local, de saison.

Acheter des fruits et légumes bio hors saison, c’est un peu la ruine (en plus d’être un léger non-sens sur le plan écologique).
Mieux vaut acheter des produits de saison ! C’est l’occasion de (re)découvrir des produits -si vous faites partie des gens qui pensent qu’en hiver il n’y a que des patates et des carottes, par exemple.

MALHEUREUX Archibald qui renonce ainsi aux soupes de courges diverses et variées, aux gratins dauphinois, aux poêlées oranges (copyright mon copain qui fait une poêlée de la mort qui tue composée d’ingrédients oranges uniquement : courge, carotte, lentilles corail …), aux oignons caramélisés, aux fondues de poireaux, aux wok de pak choï, aux salades de mâche …
NB : les légumes bio produits respectueusement, on peut même ne pas les éplucher. Je n’épluche plus du tout les courges pour faire de la soupe, purée … À la cuisson, la peau ramollit et ne se sent plus du tout. Adieu l’enfer d’épluchage des butternuts et autres potimarrons !

Vos fruits et légumes bio seront beaucoup moins chers si vous les choisissez de saison. En plus -et en conséquence directe- ils viendront de moins loin ! Logique 🙂

voyageQuand tes haricots verts voyagent plus que toi, c’est qu’il y a sans doute un problème.


  • Ne pas se prendre la tête

On voudrait tous dîner tous les soirs comme chez Monsieur l’Ambassadeur des États-Unis d’Amérique (j’ai choisi un pays avec un long nom juste pour le plaisir de mettre 5 majuscules).
En vrai, le soir c’est souvent la flemme.

lazyMoi le soir quand je rentre du boulot.

Donc ce n’est pas parce qu’on commence à faire des menus et/ou à acheter bio que d’un coup, il faut vous transformer en Paul Bocuse.
Quand on mange bio, on ne mange pas (que) des graines d’alfalfa germées bio avec du kasha bio et de la spiruline bio et *insérez ici un nom d’aliment chelou mais bio*.

Des coquillettes bio, c’est très bien aussi.

Donc pas de stress, on n’en fait pas des tonnes, de toutes façons si comme moi vous êtes #teamfeignasse ça vous passera assez vite !


Voilà qui conclut cet épisode 5 du Guide du Noob !

Alors, est-ce que vous mangez bio ? Si oui, pourquoi, comment ? Si non, pourquoi ? Dites-moi tout, AYEZ CONFIAAANCE !

Pic : Guus Baggerman – Unsplash