Challenge de la semaine / Guide du Noob #6 – Les 5 R de Bea Johnson

Ouiii ouiiii je saiiis la Semaine Européenne de la réduction des déchets c’est fini, DONC je suis en retard DONC je mériterais le pilori. Minimum.

madnessVous y allez fort quand même.

Mais que voulez-vous, parfois la vraie vie véritable se met dans mes pattes de blogueuse et du coup, je n’avance pas (du type travail très prenant cette semaine, flemme, poney, flemme, anniversaires de copains, flemme … #teamfeignasse forever).

lazyMoi après une semaine bien hard core.

BREF !

Du coup je fais d’une pierre deux trois quatre coups, puisque cet article va servir pour le challenge de la semaine (sur la réduction des déchets) et donc comme article pour cette semaine, pour le Guide du Noob en guise de numéro 6, et de base pour le défi SERD sur le groupe Gestion budgétaire, entraide et minimalisme.
On a dit : rationalisation !

Après ce blabla introductif moyennement intéressant (ne mentez pas), entrons dans le vif du sujet.
Qui est Bea Johnson ? C’est quoi les 5R (non, ce n’est pas un boys band) ? Pourquoi dans cet article j’en ai mis 7 au lieu de 5 ? Le rapport avec le zéro déchet ? Quel est le sens de la vie (spoiler : 42) ?

lazy



  • Bea Johnson, la superstar du zéro déchet

Bea Johnson est à la sphère écolo ce que Thomas Pesquet est à l’astronautique ou ce que Diam’s est au rap français, mais c’était vachement moins flatteur : un chef de file médiatique.
Du coup, si vous gravitez un peu dans cette sphère écolo, vous connaissez sans aucun doute Bea Johnson.

Cette Française, qui vit aux États-Unis, est très connue grâce à son livre « Zero Waste Home », dans lequel elle explique comment sa famille est parvenue, après une première vie d’ultra-consommation, à réduire ses déchets annuels à un bocal d’un litre.

pasmalPas mal, quand même.

Si vous ne l’avez pas lu, je vous conseille Zero Waste Home (Zéro Déchet en français). Non pas que tout doit être appliqué à la lettre et de la manière qu’elle le décrit -un peu d’esprit critique ne fait jamais de mal, personne n’a la parole d’évangile-, mais le cheminement et l’évolution de sa consommation sont très intéressants.

zero-dechet-bea-johnsonAussi en poche chez J’ai Lu.
Je ne vous mets pas de lien pour l’acheter, il est facilement trouvable en occasion ou en bibliothèque 🙂

C’est donc une figure assez emblématique du monde du ZD, au même titre que la Famille (presque) Zéro déchet par exemple.
Elle fait des conférences un peu partout dans le monde, tient un blog, etc etc.

Sa méthode a été résumée très simplement, par ce fameux anagramme des « 5R », qui fonctionne comme des poupées russes, en cascade.
En somme, d’abord on élague grossièrement la majorité des déchets (étapes 1 et 2), ensuite on affine et on va dans le détail avec ce qui reste (étape 4 à 5).
Ce qui signifie que les déchets ne passent à l’étape suivante que si VRAIMENT ils n’ont pas pu remplir les conditions de l’étape précédente.

On va les détailler, et voir comment les appliquer à notre vie de tous les jours !


  • 1 – Refuse / Refuser

Le principe : on refuse ce dont on n’a pas besoin.
On a donc déjà une grande marge d’action pour refuser ce qui produit trop de déchets, et a fortiori pour refuser les déchets qu’on nous donne directement.
Bea Johnson se base ainsi sur la logique offre-demande : plus on refuse, plus on fait baisser la demande pour ces objets ou services générateurs de déchets.

Quelques exemples de choses très faciles à refuser (à condition d’y penser …) :

– Les flyers et prospectus (les refuser dans la rue, mettre un stop-pub …)
– Les couverts en plastique mis automatiquement dans votre sac (alors que vous avez de vrais couverts)
– Les journaux gratuits (sur un téléphone c’est tout aussi bien)
– Les pailles dans les bars, voire les double-pailles (je sais boire dans un verre, merci)
– Les échantillons, par exemple dans les parfumeries (ce sont des produits qui coûtent très cher et qui génèrent beaucoup de déchets)
– Les cadeaux gratuits dont vous n’avez pas besoin (genre le stylo publicitaire moche alors que vous en avez déjà 17 à la maison)
– Les factures papier quand leur équivalent dématérialisé existe
– etc

spidermanMoi quand j’essaie d’esquiver les déchets

L’idée est assez simple :
=> C’est pas parce que c’est gratuit que ça n’a pas d’impact
=> C’est pas parce que c’est gratuit qu’on en a besoin ou que ça va être utile (en plus ça encombre)
=> Analyser ses besoins est la première des choses à faire
=> Les gens ne se vexeront pas si vous refusez des choses
=> C’est pas grave non plus d’oublier, parfois (exemple de moi-même ce week-end qui ai oublié de refuser mes deux pailles dans un bar …)

Une fois qu’on a refusé tous les déchets refusables, on peut s’attaquer à la suite.


  • 2 – Reduce / Réduire

Cette étape vient en deuxième, donc implique qu’on réduit ce qu’on n’a pas pu refuser.

Le principe : réduire sa consommation de certains types de produits, privilégier la qualité à la quantité, cesser de stocker en quantités démesurées …

targetGenre, l’inverse.

Quelques exemples de choses que l’on ne peut pas refuser, mais que l’on peut réduire :

– Les achats emballés (Serait-ce si horrible d’en acheter moins, mais de meilleure qualité ?)
– La viande :p (on peut en acheter moins souvent, mais de bien meilleure qualité)
– Les jouets (rapport que Noël approche : exit le made in China qui va durer environ quatre secondes, mieux vaut investir moins souvent mais dans des jouets qui durent)
– Les vêtements (acheter moins de AchéAime tout pourri qui se troue en deux semaines, et préférer des vêtements de meilleure qualité, quitte à en acheter moins souvent ; et penser à la seconde main)
– Les appareils audio-vidéo-téléphonie (pour rappel, on ne SAIT PAS recycler les smartphones, et ils mettent des centaines d’années à se dégrader – ça fait beaucoup juste pour charger des vidéos Youtube un quart de seconde plus vite que votre ancien téléphone)
– etc

C’est sans doute une étape assez difficile, car elle implique de remettre en question une grande partie de sa vie, de par sa manière de consommer. Mais promis, ça vaut le coup, ça rend même plus heureux selon cet article de Psychologie Magazine (Pourquoi consommer de façon responsable nous rend heureux ?).

Une fois qu’il ne reste que les déchets non refusables et qu’on ne peut pas réduire, on peut passer à l’étape 3.


  • 3 – Reuse / Réutiliser

Le principe : réutiliser ce que nous consommons (donc que nous n’avons pas refusé ni réduit). C’est somme toute assez basique !

Quelques exemples de choses faciles à réutiliser :

– Le sac plastique que vous avez zappé de refuser au magasin (sac poubelle, transport de trucs tout sales, pochette étanche …)
– Le gobelet jetable dans lequel on vous a servi de l’eau
– Les boîtes en plastique du traiteur indien/chinois/japonais/auvergnat (pour stocker des aliments, ranger des petits objets …)
– Les boîtes à chaussures ou autres cartons (pour ranger des trucs -on peut les décorer !- ou renvoyer des colis)
– Les bocaux en verre une fois vides de leurs denrées (pour stocker d’autres denrées !)
– Les épluchures et autres denrées alimentaires résiduelles (qui peuvent faire un autre plat)
– etc

Perso, j’inclus aussi dans cette rubrique deux autres R !

3 bis – Réparer (n’existe pas en tant que tel chez B. Johnson)
Beh oui … C’est une forme de réutilisation ! Le cadre cassé, l’écran de smartphone fissuré, l’aspirateur qui fait des siennes, un trou dans un jean, une semelle décollée, etc … on peut les réparer, plutôt que de les jeter et d’en acheter d’autres.
Je parle de petites pannes évidemment, si votre aspirateur est tombé du 6e étage c’est une autre paire de manche !

Pour les gros objets, on y pense tout le temps (personne n’irait bazarder sa voiture à cause d’un éclat dans le pare-brise), mais pour les petits objets c’est beaucoup plus rare. Et surtout pour les produits de consommation rapide genre vêtements, chaussures (fast fashion, où on achète très très vite et très très beaucoup).

grammaireLa grammaire et moi, une histoire compliquée.

3 ter – Remplacer (n’existe pas en tant que tel chez B. Johnson)
Il est bien plus facile de réutiliser des choses qui ont été prévues pour ça 🙂
Donc les gobelets en plastique (qui finissent par se fendre), on peut les remplacer par un verre en verre, un mug, une gourde …
Pour réduire sa consommation de cotons à démaquiller jetables, le plus simple et le plus efficace c’est de ne plus les utiliser et de les remplacer par du lavable ; idem pour les protections hygiéniques ; pour les produits cosmétiques ou ménagers

Si, malgré le refus des déchets, leur réduction et leur réutilisation/réparation, il en reste encore, normalement il devrait s’agir de déchets recyclables : on peut donc passer à l’étape 4 !


  • 4 – Recycle / Recycler

Le principe : recycler ce qu’on n’a pas pu refuser, ni réduire, ni réutiliser.

À titre perso, je rappelle que le recyclage, s’il est indispensable EN FIN DE CHAÎNE, ne constitue pas une solution viable de traitement de tous nos déchets tant que l’on ne réduit pas notre consommation 🙂 J’en avais parlé dans cet article (où on parlait aussi de la bonne manière de recycler ses déchets).

recycler*Voix monocorde* Mais tu nous as dit de recycler

Quelques exemples de choses qu’on n’a pas pu refuser, ni réduire, ni réutiliser :

– Les rouleaux en carton de papier toilette
– Les bouteilles en verre (alcools, huile si pas achetée en vrac, etc)
– Les enveloppes et courriers
– Mais aussi les choses recyclables mais pour lesquelles on n’a pas de poubelle chez soi : cartouches d’imprimante, ampoules, piles … Le Guide du Noob n°1 a fait le tour de la question 🙂

L’idée n’est donc pas d’aller directement à l’étape 4, mais d’abord de réduire la quantité de déchets (et donc de biens). L’étape du recyclage arrive en bout de chaîne, quand il n’y a pas d’autre solution plus pérenne (le recyclage demande quand même une grande quantité de ressources, et entretient la logique du jetable).

S’il reste encore des déchets non refusé, non réduits, non réutilisés et non recyclables, on peut passer à la dernière étape !


  • 5 – Rot / Composter

(Bon du coup en français les 5 R ne sont pas 5, ils sont 4 + un C, mais bref)

Le principe : a priori, selon la logique de Bea Johnson, à ce stade il ne devrait rester que les déchets organiques.
On ne les refuse pas car on en a besoin pour vivre ; on peut en réduire certains mais on ne peut pas les supprimer totalement ; on ne peut pas tous les réutiliser ; et leur recyclage est très spécifique puisqu’il s’agit du compostage.

captain-planteCaptain Planet à la rescousse comme toujours : c’est TOI qui décides de ce qui finit à la décharge !

Donc, ces déchets résiduels, on peut les composter (« rot » en anglais).
On peut opter pour un compost dans son jardin, ou bien un compost partagé (en pied d’immeuble, ou dans les jardins partagés, ou un compost de quartier), ou encore pour un lombricompost ou un seau bokashi si on est en appartement sans jardin.
Notez quand même que les solutions d’intérieur (lombri et bokashi) ne permettent pas toujours d’ingérer l’intégralité des déchets organiques d’un foyer, notamment si on ne réduit pas lesdits déchets organiques avant 🙂


  • Dans la vraie vie

À la lecture du livre, je me souviens m’être dit : « c’est bien beau mais elle ne doit plus avoir de vie cette dame« .
C’était au tout début de ma démarche.
Aujourd’hui je réalise que je me suis trompée : on peut parfaitement vivre normalement tout en réduisant drastiquement ses déchets.

Donc se poser les différentes questions soulevées par la méthode de Bea Johnson ne nous transforme pas en moine hippie vivant reclus dans une cabane en forêt. Par contre, elles nous mettent face à nos contradictions et elles nous obligent à revoir notre consommation.

captain-planteNe vous laissez pas impressionner.

Et c’est bien par cela que tout commence ! Analyser nos déchets (comme dans ce challenge de la SERD), voir comment les refuser, puis les éviter, puis les réduire …
L’idée c’est que, devant chaque produit ou objet, on essaie de voir s’il va générer des déchets (ou s’il est un déchet à lui seul) ; si oui, peut-on le refuser ? Si non, peut-on le réduire ? Si non, peut-on le réutiliser ensuite ? Si non, peut-on le recycler ? Si non, peut-on le composter ?

Et si non plus : mieux vaut peut-être l’éviter, si l’on peut !

Je me répète, mais il ne s’agit pas de suivre à la lettre une méthode préformatée. C’est quand même beaucoup mieux de s’en inspirer (et c’est moins traumatisant !), quitte à modifier quelques petites choses.
Un peu c’est déjà beaucoup, et chaque déchet évité est déjà une grande avancée !