Zéro déchet, maxi pouvoir ? 1 – La puissance du petit geste

Quand on s’attaque aux considérations environnementales, on est vite submergé. Il faut faire ci, éviter ça, et t’as vu l’empreinte carbone, mais ça c’est pas recyclable, et tu vas quand même pas prendre un concombre sous plastique ?!?

Il y a de quoi se noyer dans un verre d’eau. 

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Faut dire, on n’est pas aidé. Le message environnemental ambiant, qu’on nous sert à longueur de journée, est particulièrement anxiogène.
Réchauffement climatique par ci, marées noires par là, montagnes de déchets, pollution atmosphérique, disparition d’espèces animales, prolifération de maladies graves, vous reprendrez bien un peu de pesticides ? Choisissez, c’est la fête de la déprime, les soldes de la mauvaise nouvelle, un acheté un offert.

Évidemment, face à tout ça, t’as l’air malin, toi, petit individu lambda qui veut changer le monde avec pour seuls alliés ton cabas réutilisable et la force de ta conviction. Il y a de quoi perdre courage avant même de commencer quoi que ce soit. Et rentrer chez toi penaud, ton cabas sous le bras et commander un MacDalle pour te consoler. 

Selon ce message actuel, le monde est dans un état catastrophique, et les industriels y sont pour beaucoup.

Oui, c’est vrai.

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Et on pourrait en déduire que, tant que ces mêmes industriels, entreprises, gouvernants, ne prennent pas de décisions à la mesure de l’urgence environnementale, il ne sert à rien d’agir de notre côté.

C’est sans compter sur la puissance du petit geste, mais aussi sur l’arme formidable qu’on a tous : notre porte-monnaie (partie 2 à venir, #teaser).

(Ceci est donc une petite réflexion en deux parties, intitulée « Zéro déchets, maxi pouvoir ? », comme ça, ça fait ZDMP, et parce que les acronymes c’est la vie. Alors qu’en vrai ça ne parle même pas que du zéro déchet, voilà, la publicité mensongère est un fléau.)

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  • Faire un peu, c’est mieux que rien

Bénédicte Moret et Jérémie Pichon (de la Famille presque zéro déchet, dont je recommande chaudement le bouquin à tout un chacun) ont une formulation vraiment parlante : c’est pas parce qu’on ne peut pas tout faire, qu’il ne faut rien faire. 

Si vous pensez que « de toutes façons ça ne sert à rien, ce n’est pas à notre niveau que ça changera quoi que ce soit », je dis :

Venez, on applique cette idée à des scènes de la vie quotidienne des elfes (si t’as pas la ref : c’est par là).

  • Je suis au boulot. Je ne peux pas gérer les vingt-huit dossiers en attente en même temps, rapport que je suis humain et que ce soir j’ai piscine. Je m’occupe donc d’un ou deux dossiers, en attendant de pouvoir faire les autres, plutôt que de glander et de dire à mon patron « Ah bah déso pas déso, je pouvais pas tout faire tout de suite là maintenant, du coup je fais rien, bisous ».

oottyhrhj0hyyMon boss quand je lui dis que j’ai rien fait parce que je ne pouvais pas tout faire.

  • Je vais faire les courses, mais il me manque 3€ pour payer. Je repose quelques articles, plutôt que de repartir sans rien et de dire en rentrant à la maison « Sorry les gars, j’avais pas assez de sous pour les biscuits quadruple chocolat fourrés riz au lait, donc j’ai rien acheté. Ce soir c’est soupe de farine pour tout le monde. Deal with it.« 

oottyhrhj0hyyMa famille quand je leur annonce que je n’ai pas fait les courses parce qu’il me manquait quatre centimes. 

=> C’est pas parce que je ne peux pas tout faire que je ne dois rien faire.

Chaque petit geste compte. C’est là-dessus qu’est basée la fable du colibri.

WARNING – Fable bisounours incoming

C’est l’histoire d’une forêt, peuplée d’animaux. Un jour, un incendie ravage la forêt. Tous les animaux fuient, et se lamentent en observant leur forêt brûler allègrement. Tous, sauf le colibri, qui s’affaire à rejoindre la rivière, puiser quelques gouttes d’eau dans son bec, et retourner à tire-d’aile vers l’incendie pour lancer ses petites gougouttes sur les flammes. Encore et encore. Les autres animaux finissent par se moquer de lui, en disant « Wesh boloss, tu crois pas ça sert un peu à rien ce que tu fais ? C’est pas avec tes mini-gouttes que tu vas éteindre un incendie, #LOL #YOLO ».
Et le colibri de leur répondre : « Peut-être, mais au moins moi je fais ma part. TMTC. »

Amen.

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Non, cet article n’est pas sponsorisé par la famille Obama.

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  • Les petits ruisseaux font les grandes rivières

Le colibri tout seul, il a peu de chances d’éteindre un jour l’incendie. Mais le colibri +tous ses amis, ils ont peut-être une chance, goutte par goutte, de contrôler le feu. C’est l’effet boule de neige.

Sous une autre formulation : les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Ça peut sembler microscopique, insignifiant, d’adopter des gestes ou des habitudes plus durables, à notre petit niveau de petit individu sur notre immense planète.

Mais mettez ces petites choses bout à bout. Si chacun modifie un peu ses habitudes, sans se brusquer, sans tout révolutionner, beaucoup de choses peuvent bouger.

Comme le dit Margaret Mead, anthropologue : Never doubt that a small group of thoughtful, committed citizens can change the world; indeed, it’s the only thing that ever has.
Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens réfléchis et engagés puisse changer le monde ; en réalité, c’est toujours ainsi que le monde a changé. 

(Et croyez-moi, on est bien plus qu’on ne pourrait le penser de prime abord. 30 000 membres en un an d’existence sur Gestion budgétaire, entraide et minimalisme. Si c’est pas le signe que des lignes commencent à bouger, je veux bien manger mon chapeau. Même si j’ai pas de chapeau.)

La réalité, c’est qu’un choix essentiel se pose à chacun d’entre nous : faire, ou attendre qu’on fasse à notre place.

Par « faire », je n’entends pas briser entièrement son mode de vie et partir élever des lamas en Namibie (quoique je voudrais bien voir les photos).

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Je veux simplement dire : changer un petit peu. Revoir une ou deux habitudes, trouver une alternative qui ne coûtera presque rien en termes d’efforts, de temps et de finances.

Il s’agit de commencer petit, parce qu’il faut bien commencer quelque part.

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  • Reprendre la maîtrise de ses choix

« Là où des problèmes se posent, s’inventent également des solutions« , d’après Nicolas Hulot. Toutafé. Et même que toutes les solutions existent déjà, testées par d’autres avant nous, améliorées, approuvées.
Il suffit de prendre la peine de les essayer. Au final, c’est avant tout une question de volonté.

Le seul frein, c’est notre capacité individuelle à accepter le changement et à se changer soi-même.

pgymjol2vdiakJe vous dis que non, pas de sponsor.

Le message environnemental habituel est paralysant. Face au désastre, on ne sait pas réagir, et c’est normal.

Le discours ambiant tend à faire de nous des spectateurs désemparés du naufrage, alors qu’on a, chacun, un pouvoir d’action de fou.
Il faut juste refuser l’impuissance, refuser qu’on nous retire notre libre-arbitre et notre pouvoir de prendre des décisions.
Si si, je vous le jure, on a le choix. Les arguments financiers ou de temps ne tiennent pas vraiment quand on examine les solutions qui s’offrent à nous, et qu’on observe ceux qui les ont mises en place.

En somme, dans la démarche écologique, on redevient acteur.
Et très franchement, dans un monde où on nous serine à longueur de journée que ça va mal, c’est la crise, on n’y peut rien parce que c’est comme ça, avoir le sentiment que je peux faire quelque chose, pour de vrai, ça fait du bien.
Quand tu remplaces le discours culpabilisant-fataliste par un message positif, qui te rend ton champ d’action au lieu de te le piquer, d’un coup ça va vachement mieux.

Face à la dilution de la responsabilité (« C’est la faute à qui ? Chais pas trop, sans doute eux, là-bas, c’est eux qui fabriquent« ), je constate la mienne (de responsabilité, pas de dilution).

pgymjol2vdiakMais si, mon petit.

Parce que la responsabilité est entièrement partagée entre l’industriel qui produit de manière irraisonnée, le politique qui le soutient, et le consommateur qui continue de voter chaque jour pour ce fonctionnement en achetant.

Alors on fait quoi ? On attend ? On attend quoi, qui ? Jusqu’à quand ?

Si on veut changer les choses, et si on commençait par se changer soi-même ?
Si on veut que ça change vite, et si on commençait maintenant ?

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EDIT du 17 janvier 2017 : pour la 2e partie sur le porte-monnaie, c’est par là !

Note #enversdelaconnasse : je tiens à préciser que j’ai relu cet article en mangeant une soupe livrée dans un contenant en plastique et réchauffée au micro-ondes.
Juste histoire de remettre les choses  en perspective sur la route qui reste à faire, même quand on a des idéaux.

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