48 heures de déchets ordinaires

La méthode scientifique, y’a que ça de vrai.
Avant toutes choses, j’ai voulu évaluer ma « déchettitude ». Non, pas ma capacité à me comporter comme un déchet (ça c’est pour les lendemains de soirée), mais plutôt ma production de déchets, en un ou deux jours, sans faire particulièrement attention -ou en tous cas, pas plus que d’habitude.

Le résultat est assez impressionnant. Mais pas en bien. Déjà, parce que j’avais jusque là l’impression d’être pas trop mal engagée niveau déchets, et d’en produire assez peu au quotidien.

Raté.
(Déchets : 1 – Ego : 0)

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Ensuite, parce que malgré les habitudes déjà en place (et dont je vous reparlerai), j’ai quand même une certaine quantité de trucs qui finissent à la poubelle lors d’une journée lambda.

Avant de vous livrer la liste (parce que bon, c’est moyen intéressant), voilà mes impressions.

  • J’ai pris conscience de la quantité de déchets générés directement

Je trouve que, malgré le fait que je pensais faire attention à la base, il y a encore beaucoup de choses qui finissent à la poubelle alors que ce n’est pas nécessaire.

Évidemment, vivre implique de créer des déchets. C’est ce que je disais dans cet article : le zéro déchet absolu, ça n’existe pas. Je ne suis donc pas en train de dire que tous les déchets notés ici doivent être éliminés. C’est simplement pour prendre conscience du truc. Certains de ces déchets sont impossibles à éviter (genre les épluchures d’oignon !). D’autres sont facilement évitables : c’est ceux-là que je veux viser (le sachet papier de la boulangerie, la cuillère en plastique …).

Et je n’ai compté ici que mes détritus directs. Je n’ai même pas cherché à évaluer la quantité de déchets générés par ma consommation (donc les déchets de fabrication des produits que j’utilise). Sinon on serait pas sortis du sable.

  • Je jette de façon inconsciente

Le fait de noter, scrupuleusement, pendant 2 jours, chaque objet qui est jeté à cause de moi, est assez perturbant. Je me suis rendu compte que jeter est hyper facile. Un peu trop, peut-être.
On a des poubelles partout. Alors oui, c’est essentiel, pour éviter qu’on ne jette par terre ; au moins, on évite d’avoir des amas de détritus un peu partout sur le sol (quoique, à Paris, on en trouve quand même !).
Mais ça rend l’acte de jeter très facile, automatique, inconscient. A plusieurs reprises, j’ai dû reporter mon attention sur mon geste, en me disant « ah mais oui, je viens de jeter un truc, il faut que je le note ».

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On est un peu déconnectés de nos déchets. Non pas qu’on doive les garder (en mode collection chelou) ; mais juste, prendre conscience de ce qu’on jette, et en quelle quantité. Très honnêtement, je ne m’en rendais pas du tout compte. Les petits déchets de rien du tout, ils font quand même grossir la pile.
Quand je vois la liste de mes déchets perso à moi toute seule, en deux jours (alors que je fais déjà attention), je me dis que oui, agir est important.

Le fait de jeter n’est pas anodin. Quand on jette à la poubelle, le machin disparaît de notre vue, et on l’oublie, comme s’il avait disparu dans le vortex spatio-temporel du détritus (ptêtre qu’un jour, quand on aura inventé le voyage dans le temps, on stockera les déchets à une autre époque. Je plains le Docteur s’il arrive un jour sur un monde-poubelle). Out of sight, out of mind, comme on dit.
On en oublie que le déchet, il vient de quelque part et il va quelque part.

  • Aparté coton

Pourtant, le cycle de vie d’un produit (surtout jetable !) est très coûteux en termes de ressources naturelles. On devrait sans doute s’en souvenir.
Prenons le coton, par exemple. T’sais, le petit disque de rien du tout pour te démaquiller.

Pour produire 1kg de coton, il faut entre 5400 et 19000 litres d’eau (c’est pas une fourchette ça, Madame, c’est un râteau). Dans le monde, on produit 840kg de coton … par seconde. Je vous laisse faire le calcul.

Du coup, avec nos cotons jetables, on utilise une ressource précieuse (l’eau) pour le fabriquer. Je laisse de côté les pesticides hein (25% des pesticides utilisés dans le monde le sont pour le coton. Pour seulement 2,5% des terres cultivées, ça laisse rêveur).

On se démaquille une fois avec, on le jette. Le coton jetable va ensuite coûter des ressources pour son traitement en tant que déchet (manutention, transport).
Perso j’en utilise grand minimum 2 par jour. Soit au moins 780 par an. En vrai c’est sûrement plus aux alentours de 1200 cotons par an minimum, entre les jours où je me maquille davantage, les cotons pour le vernis à ongles, etc. (Et évidemment, le coton on l’achète … sous plastique).
Alors qu’il existe des solutions plus durables (à savoir, le coton lavable, par exemple).

Seems legit.

  • Au final …

Il en va de même pour la plupart des matériaux que j’ai jeté. Du plastique (pétrole), du papier (pulpe d’arbre), des déchets organiques (qui pourraient devenir de l’engrais si je les compostais), etc.

Souvent je m’étonne qu’on (enfin, mon copain, rendons à César ce qui est César) doive encore descendre la poubelle, alors que bon, j’avais quand même l’impression qu’on faisait des efforts. Je ne me rendais jamais compte de la vitesse à laquelle on la remplit.

Je comprends mieux maintenant …
Alors comme on dit chez les Indiens d’Amazonie (non) : Yapluka !

Trève de blabla, voilà la liste : 48 heures de déchets ordinaires.
C’est parti, en mode « Enquête d’action ».


JOUR 1

Au réveil :

  • 1 mouchoir
  • 1 coton lavable (pas jeté du coup, duh. On peut dire que ça compte en bonus ? Je n’utilise plus de cotons jetables depuis un moment)
  • 2 cotons-tiges
  • Thé en vrac (déchet organique compostable pourtant)
  • Restes de nourritures du lapin (déchets organiques)
  • Litière du lapin
  • Sachet en papier de la boulangerie (le croissant du matin, y’a que ça de vrai)

Dans la matinée : (au boulot, donc)

  • Thé (déchet organique)
  • 1 serviette en papier
  • 1 feuille de papier (brouillon déjà imprimé sur le recto, déposé dans la corbeille à recyclage)

A midi : (cantine du travail)

  • 1 serviette en papier
  • 1 pot de yaourt
  • Reste de purée pas très bonne (déchet organique)
  • Reste de pain (déchet organique)
  • 1 ticket de caisse
  • 1 gobelet en carton
  • 1 sachet de thé (déchet organique)
  • 1 emballage de sachet de thé
  • 1 emballage plastique du mini-carré de chocolat donné avec le thé

Dans l’après-midi : (toujours au boulot)

  • 1 feuille de brouillon (au recyclage)
  • 1 stylo qui ne marchait plus
  • 1 mouchoir

Le soir : (dîner à l’extérieur)

  • 1 sous-verre en carton
  • 2 pailles (pour ma double bouche évidemment) dans mon cocktail
  • Restes de nourriture (déchet organique)
  • 1 serviette en papier
  • 1 ticket de carte bleue

Au coucher :

  • 2 cotons lavables (Bonus ? Nan ?)
  • 1 mouchoir (vive le rhume)

JOUR 2

Au réveil :

  • 1 mouchoir
  • 1 coton-tige
  • 1 coton lavable (Allez, un bonus quoi)
  • Thé en vrac (déchet organique)

Dans la matinée :

  • 1 serviette en papier
  • Thé en vrac (déchet organique)
  • 1 feuille de papier (au recyclage)
  • 1 flyer inutile déposé dans mon bureau (au recyclage)

A midi : (sandwich dans une boulangerie) :

  • 1 sachet papier pour le sandwich
  • 1 sac en papier contenant le sandwich (emballé dans du papier lui-même, paperception) et mon dessert
  • 1 pot en plastique et son couvercle
  • 1 cuillère en plastique
  • 1 serviette en papier
  • 1 ticket de caisse

Dans l’après-midi :

  • Thé en vrac (déchet organique)
  • 1 mouchoir
  • 1 sachet plastique de bonbons qu’on a finis dans la journée
  • 3 feuilles de brouillon (au recyclage)
  • 1 post-it

Le soir :

  • 1 élastique à cheveux qui a pété quand j’ai essayé de m’attacher les cheveux
  • Epluchures (déchets organiques)
  • 1 sachet plastique de gruyère râpé, terminé pendant le dîner
  • 2 paquets plastiques de pâtes (fin de sachets)
  • 1 briquette de crème de soja et son bouchon (au recyclage)
  • 3 bouteilles de vinaigre blanc vides (plastique, au recyclage)
  • 1 petit carton d’emballage (suite à réception d’un colis, au recyclage)
  • Du scotch d’emballage (cf le colis)
  • Plastique de calage dans le colis
  • 2 cartonnettes qui emballaient mes produits (au recyclage)
  • Litière du lapin
  • Restes de nourriture du lapin (déchets organiques)
  • Tisane en vrac (déchet organique)

Au coucher :

  • 2 cotons lavables (soyez chics)
  • 1 coton-tige

À ajouter à chacun des deux jours :

  • Du papier toilette (je vous ai épargné la liste de mes pauses-pipi. De rien.)
  • Les produits de soin que j’utilise actuellement et qui deviendront des déchets dans pas longtemps parce que produits bientôt finis :
    • gel douche, hydrolat, huile de jojoba (flacons plastique)
    • dentifrice, crème pour les mains et baume lèvres (tubes plastique)

Voilà le bilan.
Il y a des jours où c’est pire (par exemple, à tout hasard, Noël et ses emballages-cadeau), j’estime ces deux journée être des « jours moyens » en termes de déchets.

Du coup je suis curieuse de savoir ce que contient vraiment la poubelle de chez moi (chacun son délire). En voilà une idée d’activité pour le weekend !

8 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Bonjour 🙂

    Ce qui est bien avec les déchets que tu listes, c’est que beaucoup sont facilement remplaçable, et ça, c’est motivant.
    mouchoir = mouchoir en tissu
    Cotons = cotons lavables
    cotons tiges = oriculi
    sachet de boulangerie = sac en tissu
    serviette en papier = serviette… en tissu^^
    gobelet en carton = tasse

    et même si tu manges souvent à l’extérieur : un tissu enduit de cire (pour mettre le sandwich), des couverts et une serviette en tissu, le tout dans un totebag .
    Beaucoup de solutions et de possibilités, et ça c’est cool 🙂

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    1. Wildwildwaste dit :

      Hello !

      Oui, c’est aussi la réflexion que je me suis faite : au quotidien, la plupart des déchets que je produis sont évitables ou, au pire, remplaçables. C’est déjà plus encourageant que si j’avais constaté l’inverse ^^

      Aimé par 1 personne

  2. Geeko dit :

    Vouiii les cotons lavables comptent comme des bonus \o/ (c’est ma #ParoleDivine qui t’en assure, ça vaut c’que ça vaut!) Je crois que j’ai le même genre de poubelles que toi, à part qu’à la cantine du boulot on a des vrais verres et nos purées sont généralement bonnes ^^ En tous cas, je découvre ton blog que j’adore franchement, et je suis sur la même longueur d’ondes que toi pour la réduction des déchets. Pour l’instant c’est l’Homme qu’il faut que je convainque sur les plans financiers et pratiques, mais j’ai bon espoir de me mettre aussi à l’AMAP et à des courses plus responsables. Prochaine étape: la serviette hygiénique lavable! #SoGlamorous . Bref, je vais suivre avec attention tes prochains articles 🙂

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    1. Wildwildwaste dit :

      Ok j’accepte la parole divine (surtout si ça m’arrange ^^)
      Merci pour ton retour, du coup toi-même tu as dû remarquer une chose étrange concernant les déchets : depuis que j’agis activement pour les réduire, je vois des emballages partout !!!

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  3. Agathe dit :

    J’ai un compost à la maison, je me pose parfois la question de récupérer mes déchets organiques du boulot (thé, trognons de pomme, peau de banane – voir le café des collègues ?), pour le rapporter à la maison, mais bon ai-je envie de balader des déchets dans le tramway ? Mais ça me travaille quand même … Pour la maison, je pense que le résultat serait similaire à toi (et je demanderais également des bonus pour les disques en coton que j’ai depuis … 5 ans au moins !!) Au boulot depuis début janvier je m’efforce d’emporter à manger, donc ça limite les déchets 🙂

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    1. Wildwildwaste dit :

      Je me pose parfois la même question pour certains déchets recyclables mais qui ne sont pas recyclés au boulot … Je n’en suis pas encore au point de ramener des déchets chez moi donc pour le moment j’essaie juste de sensibiliser les autres !

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