Douche et déchets #1 – Ma salle de bain zéro déchet

L’autre jour, j’étais en train de me démaquiller, quand soudain je me suis demandé combien de cotons jetables je jetais chaque année avant de passer au lavable.
Y’en a bien qui pensent à la présidence de la République en se rasant, c’est pas beaucoup plus glorieux hein.

Et comme j’aime bien vous faire part de ce genre de questionnements ultra philosophique, je me suis dit que j’allais vous en parler !

En général, quand on parle de réduction des déchets, on pense souvent aux déchets de la cuisine : les bouteilles en plastique, les sachets, les boîtes de conserve …
Mais on produit aussi énormément de déchets dans notre salle de bain. Entre le coton jetable, les cotons-tige, les flacons de gel douche, de démaquillant, de gel pour les cheveux, les protections périodiques, etc … il y a de quoi avoir peur, parfois.

scaredMoi face à ma poubelle de salle de bain.

C’est pourtant assez facile d’adopter des solutions plus durables ; mais on peut avoir certains freins quand on les évoque.

Alors je vous emmène dans ma salle de bain pour faire le tour de ce qu’on a mis en place à la maison !

Il y a fort à dire, donc j’ai (encore) saucissonné l’article en plusieurs parties. On va d’abord parler cotons et dentifrice !

 

Pour rappel, les autres épisodes :

 

Temps de lecture : 6 minutes


  • Le coton à démaquiller

1) Pourquoi c’est pas glop ?
Je me maquille souvent -presque tous les jours en fait. Du coup, l’étape démaquillage est obligatoire. Même quand je ne me maquille pas, je nettoie ma peau le soir (la pollution ça fait pas du bien aux pores).

pollution« Super, j’ai le teint plutôt frais aujourd… » – « Tut tut c’est moi la pollutioooon ! »

J’avais donc, avant, une consommation de cotons assez conséquente.
Mettons un coton le matin, et trois le soir (voire plus en fonction de la quantité de maquillage). Ça nous fait un total minimum de 28 cotons par semaine, soit 1456 par an.
Et c’est une moyenne basse hein, il y a des gens qui utilisent beaucoup plus de coton que moi.

Mille quatre cent cinquante-six disques de coton par an à la décharge, uniquement pour moi toute seule. Plus le film plastique qui les emballe.
Quand on sait que le coton fait partie des cultures les plus gourmandes en eau et les plus polluantes au monde, ça refroidit un peu (j’essaie de ne pas songer aux solvants bien chimiques qui servent à blanchir le coton, et que j’ai allègrement frotté sur ma peau et mes yeux toutes ces années …).

pandaMoi quand j’y repense 😦 

2) C’est pas un peu sale ?
Il y a des gens qui pensent que passer au réutilisable, c’est devenir sale. Comme si utiliser un coton lavable revenait à se démaquiller avec une vieille serpillière.

disgusted

Comment dire … Les vêtements, une fois qu’ils sont lavés, on les considère propres, non ? Pareil pour les serviettes de bain (avec lesquelles on s’essuie le visage, par exemple), les sous-vêtements, etc …
Pourquoi ce serait différent avec un coton à démaquiller ?

On nous vend le coton bien blanc, bien pur, tellement bien marketé qu’on en aurait presque l’impression qu’il est stérile. Mais il ne l’est pas, hein. Il est bien chargé en chimie (produits blanchissants) et certainement pas immunisé aux bactéries.

bacteries« Moi président, nous pourrons coloniser la surface des disques à démaquiller ! »

Donc utiliser du lavable ne va pas, d’un coup, vous provoquer une éruption cutanée 🙂
Astuce pour le dissolvant (même après lavage, je me vois pas utiliser sur le visage un coton qui a servi à retirer du vernis à ongles) : j’ai deux ou trois cotons spécialement réservés à cet usage 🙂

3) Ça doit pas être très doux.
Je trouve personnellement que les cotons lavables sont plus confortables que les jetables. Il y a quelques temps, je n’étais pas chez moi et j’avais oublié mes cotons lavables. Je me suis démaquillée au jetable, et j’avais oublié l’aspect rêche du machin.
Après, tout dépend de la fibre utilisée 🙂 Un polyester ne sera pas super doux, c’est sûr. Mieux vaut privilégier du tencel, du bambou ou à défaut un coton biologique (il consomme autant d’eau, mais au moins les pesticides sont réduits).

4) Mais si tu les laves, tu utilises de l’eau en plus, c’est pas écolo.
Certes, mais d’une part la quantité d’eau utilisée pour les laver est sans commune mesure avec les milliers de litres d’eau nécessaires à la culture du coton et à son traitement (et renouvelés sans cesse, puisqu’on jette le coton une fois utilisé !).
Ensuite, je ne fais pas de machine spéciale cotons à démaquiller : je les glisse avec une autre machine, ni vu ni connu, ça ne prend pas plus de place !
Avec une vingtaine de lingettes, j’ai de quoi assurer le roulement sans avoir à me stresser (en mode « aaaah j’ai pas lavé de coton j’en ai plus je vais mourir ! »)

panicMoi quand je réalise que je n’ai plus de cotons (non). 

5) Et donc on fait comment ?
J’ai deux types de cotons lavables.
Je dis « coton » mais en fait ils ne sont pas en coton, donc je devrais dire « carrés » ou « lingettes » démaquillants. Mais je trouve ça moche alors je continue de dire « coton » ! (Je fais ce que je veux, je suis chez moi, na.)

Si vous êtes plutôt doué de vos dix doigts, les coudre soi-même revient très, très peu cher (avec du tissu de récup c’est même gratos). Perso je suis naze en couture, vous le savez !

sdb2.JPGMes petits cotons

J’ai tout d’abord des cotons démaquillants de Lamazuna, qui ont la propriété magique de démaquiller … à l’eau uniquement ! La fibre du disque « absorbe » le maquillage.
Ça fonctionne très bien, et je parle en tant qu’adepte du combo eye-liner + mascara. Un seul disque suffit pour les deux yeux et le visage.

lamazuna.JPGAvec la petite boîte en bois !

Donc en plus de ne pas créer de déchets avec le coton, j’économise aussi le produit démaquillant.
Si je mets du waterproof, il suffit d’une mini goutte d’huile (par exemple) pour décrocher le maquillage, avant de passer le disque démaquillant.

Ils sont réutilisables au moins 300 fois chacun. Je vous laisse faire le compte hein, avec un lot de 10 disques, vous tenez plusieurs années avant que la fibre ne soit vraiment abîmée. Je les ai depuis un an, et ils sont comme neufs (je les lave en machine à froid ou à 30°). S’ils sont trop plein de liner, je frotte un peu de savon dessus avant de les laver, ça fonctionne très bien !

Par contre je les trouve un peu trop rêches pour passer une lotion ou un hydrolat. C’est justement pour ça que j’ai aussi d’autres cotons.

tendances_emma.JPGLa totale pour les Tendances d’Emma : Tencel biologique, issu de forêts gérées durablement ; boîte en bois fabriquée en France, le tout géré par un ESAT, et envoyé dans un colis de récupération. Combo gagnant.

Ceux-là, ce sont des carrés de chez Les Tendances d’Emma. Ils sont en Tencel (une fibre issue de l’eucalyptus, certifié FSH, respectueux de l’environnement, etc).
Ils sont extrêmement doux, avec aussi une face striée si besoin !
Entre 300 et 500 utilisations par lingette, c’est quand même pas mal ! Lavage en machine à froid ou à 30° pour moi. Si vraiment j’ai envie qu’ils redeviennent blancs de chez blanc, je les mets à tremper dans de l’eau chaude avec un peu de percarbonate, et voilà !

6) Les derniers avantages ?
Ces alternatives durables au coton à démaquiller sont très efficaces, faciles d’utilisation, ne perturbent pas mes habitudes, et reviennent moins cher : l’investissement de base est amorti en environ un an (selon qu’on utilise des cotons premier prix ou des cotons-ultra-sensitive-enrichis-en-poudre-de-caribou-des-prés), sachant que ces alternatives se gardent plusieurs années.

En plus, c’est super pratique en voyage : au lieu de s’encombrer d’un paquet de cotons jetables (et donc d’en semer derrière soi), on embarque 4 ou 5 cotons lavables, et on les lave à la main au fur et à mesure ! C’est toujours ça de moins à trimballer (et si comme moi vous êtes #teamfeignasse, cet argument ne vous laissera pas de marbre).

bagagesCela ne serait pas arrivé si elle avait adopté des cotons lavables. 


  • Les coton-tiges

Je ne vais pas être très bavarde là-dessus, car on en a toujours à la maison.

Il existe un instrument appelé auriculi, qui remplace les coton-tiges pour le nettoyage des oreilles. Apparemment c’est bien mieux niveau santé que les coton-tige. Je ne saurais pas vous dire, je n’ai pas essayé 😀

usefulUtilité : vue d’artiste.

EDIT de novembre 2017 : J’ai acheté un auriculi il y a maintenant deux mois.
Et bah c’est super efficace ! Adios, cotons-tiges 🙂

J’utilise pas mal de coton-tiges … pour me maquiller. En fait, je mets souvent de l’eye-liner mais je suis une quiche, je ne sais pas faire une belle virgule (quand j’y arrive sur un oeil, ça foire sur l’autre, et vice-versa).
Alors souvent je corrige avec un coton-tige.

J’essaie de remplacer par un coin de lingette démaquillante (les lavables hein) … Même s’il serait bien plus utile de juste apprendre à me maquiller correctement.

linerParce qu’il y a des limites à l’incompétence, quand même. 


  • Brosse à dents et dentifrice

Mon dentifrice, je vous en avais parlé ici : un dentifrice solide de Pachamamaï. Je l’achète en vrac (seulement la pastille) chez Day by Day.

dentifriceSi l’amour était un dentifrice … 

De prime abord, il paraît très cher. Mais comparé à un dentifrice bio, c’est moins marqué, et la différence de prix s’annule quand on prend en compte le fait que la pastille solide dure bien plus longtemps qu’un tube de dentifrice.

Par exemple en ce moment, on en est à la moitié de la pastille (on est deux -la lapine ne se lave pas les dents, hein), et on l’a entamée début avril. En général une pastille nous fait deux mois.

toothpasteMon expérience quotidienne avec le dentifrice en pâte. 

Ce que j’adore surtout, c’est que c’est tout petit, ça ne prend pas de place, pas de risque de tube percé (c’est du vécu), on n’en met pas partout, plus de problèmes de fin de tube (que t’es obligé d’enrouler vingt-sept fois sur lui-même pour le terminer), et si on part en avion ça passe sans aucun problème en cabine !

Le mode opératoire est très simple : on humidifie très légèrement la brosse à dent, on frotte sur la pastille, et c’est tout. À la maison on laisse la boîte ouverte pour que ça sèche bien.

Certains fabriquent leur propre dentifrice. J’avais essayé (avec de l’huile de coco, antibactérienne, du carbonate de calcium que ma mère m’avait donné, et de l’HE de menthe poivrée), mais j’avais juste détesté le goût et la texture. Pouah. J’aime d’autant plus mon dentifrice solide !

On a des brosses à dents en plastique, dont on peut changer la tête uniquement. C’est pas idéal (« le plastique c’est fantastique », on nous ment messieurs dames !), mais c’est déjà mieux que de changer toute la brosse à dents !
À l’avenir j’aimerais bien passer aux brosses en bois ou en bambou, recyclées et recyclables !


Voilà quelques pistes pour réfléchir à la réduction des déchets dans la salle de bain.
Évidemment, il y a bien d’autres aspects à aborder, on y reviendra dans d’autres articles ! D’ailleurs la prochaine fois on va parler … SUSPENS ! (j’aime l’humour).

J’espère en tous cas que ces quelques idées vous permettront de réfléchir à vos habitudes, à envisager d’en modifier certaines – chaque chose en son temps, chacun à son rythme !