Un ver presque parfait #1 – Les nouveaux locataires

Quoi ? Elle a des lombrics dans sa cuisine ?!? Pas des lombrics, très cher, des vers de compost. Nuance. Et même que j’aime bien.

Je vous en avais parlé ici : jamais je n’aurais pensé avoir, un jour, un compost dans ma cuisine. Et pourtant, j’en ai un, maintenant. Et je n’ai pas perdu la raison pour autant.

À la base je voulais faire un seul article sur le sujet. Mais un lombricompost, c’est un véritable écosystème : ça vit, ça change, ça évolue (comme un Pokémon).

topikeurCet article est sponsorisé par l’Association des Topikeurs. 

En discutant avec mon copain, il a eu l’idée de faire des « points compost » de manière périodique, pour parler de l’évolution de notre bac à vers (et pas bac à verre, #lol).
Est alors venu le problème du titre de cette série d’articles (ma vie est difficile.)Pour le moment j’ai opté pour le côté téléréalité, mais ce n’est pas définitif !

En attendant voilà le premier article ! Commençons par le commencement (c’est toujours mieux, mais c’est vous qui voyez) : comment on en est arrivés à avoir un lombricompost dans la cuisine ?

happenMoi du passé qui appelle moi du présent pour savoir ce qui s’est passé, on avait dit « pas de vers de terre dans la maison ». 

Temps de lecture : 6 minutes


  • Pourquoi un compost ?

Quand j’étais gamine, mon grand-père m’expliquait des trucs sur son jardin. Comment éclaircir les radis, comment enlever les gourmands sur les tomates … et comment mettre les déchets organiques dans le compost.
C’était moche et ça sentait pas bien bon, mais il disait que c’était utile à la terre pour la fertiliser.

Au-delà de l’anecdote/souvenir d’enfance (même pas d’enfance en fait, mon grand-père continue d’entretenir son compost, d’ailleurs la dernière fois il était tout fier de nous montrer le terreau qu’il avait pu en dégager), je vous dis ça pour indiquer que l’idée est ancrée depuis longtemps dans ma tête.
Ça m’a toujours semblé évident en fait : si t’as du terrain, t’as un compost.

compostheapEn plus ça peut sauver des vies, apparemment.

Pourquoi ?
Il y a déjà l’aspect purement utilitaire : ça fait un super engrais entièrement naturel, gratos, qui évite l’utilisation de produits chimiques polluant en profondeur les sols.

Il y a aussi l’aspect « retour à la terre ». Redonner à la terre ce qu’elle a produit, l’enrichir d’elle-même en fait.

Et puis, préoccupation plus récente pour moi, mais liée à tout ça : la diminution du volume de déchets dans ma poubelle qui finissent incinérés ou en décharge.
Les déchets organiques sont très précieux, justement pour leur apport à la terre. J’ai fini par me dire que les incinérer, c’est un énorme gâchis.

On a les moyens de fertiliser la terre avec les restes de ce qu’elle donne, sans la polluer, sans ajouter d’éléments étrangers, juste en l’enrichissant ; mais on brûle cette ressource, et à côté de ça on court à JardiPays pour acheter de l’engrais en bouteille pour les géraniums.

seems-legit


  • C’est bien beau, mais en appart on fait comment ?

Dans mon appartement parisien, sans balcon, je me disais que c’était mort d’avance. Alors quand on a emménagé, j’ai d’abord cherché un compost de quartier. Malheureusement, quand on est arrivés, ledit compost avait atteint sa charge maximale en matière de traitement. Pas de place pour mes épluchures et moi.

refusalL’asso de quartier quand ils m’ont dit qu’il n’y avait plus de place pour le compost. 

Alors je me suis renseignée pour ouvrir un compost collectif en pied d’immeuble -dans la cour quoi. La ville de Paris est très encourageante dans ces démarches, puisqu’elle finance tout (le matériel, l’installation, la formation …).
Mais il fallait d’abord l’accord du syndic, et minimum 10 foyers intéressés -sachant que notre immeuble est tout petit, et que le syndic, déjà pour refaire une clé ça a mis trois mois, alors les décider à autoriser un compost parce qu’une petite locataire fait sa bobo-écolo …

BREF. Pas de compost d’extérieur pour moi. Et je refusais l’idée d’un compost intérieur, puisque je n’ai pas de balcon et que hé, vu la tronche du compost de pépé en Bretagne, j’allais pas mettre ça dans mon salon.

Donc j’ai attendu.
Et puis quand j’ai commencé à vraiment faire attention à mes déchets, je me suis dit : franchement, c’est dommage, ma poubelle est maintenant composée en quasi totalité de matières organiques.
Alors la lapine (AKA « compost sur pattes ») elle est ravie des épluchures de carottes ou de pomme, mais elle ne mange pas tout et faudrait voir à pas la rendre malade.

IMG_9336.JPG« Compost sur pattes ? Franchement le respect est mort »

Et je pensais souvent au fait que mes déchets organiques, il partaient dans le même camion que les trucs non recyclables -alors qu’il n’y a pas plus recyclable qu’un déchet organique, il se détériore entièrement, sans aucune autre ressource que le temps et des organismes vivants, pour créer autre chose (genre des courgettes. C’est bon, les courgettes).

Alors je me suis renseignée sur le lombricompost. En ayant archi peur que ça pue, que les vers se fassent la malle, que ça pue aussi, que ça moisisse (et donc que ça pue), qu’il y ait des moucherons et des bestioles diverses et variées, et enfin que ça pue.

stinkJ’avais fait le stock de désodorisant. 

Mais au fur et à mesure que je me suis renseignée, j’ai lu beaucoup de choses démontant petit à petit mes craintes et mes préjugés.


  • Alors on en est où maintenant ?

On a donc acheté un lombricomposteur, il y a environ deux mois. Certains fabriquent leur composteur eux-mêmes. Je les envie. Ayant deux pieds gauches à la place des mains (et donc pire que deux mains gauches), je n’avais pas vraiment la foi de fabriquer mon propre bac à vers.

bricolageMon niveau de bricolage = Homer Simpson. 

Alors je l’ai commandé ! J’ai choisi le City Worms de Vers La Terre, pour plusieurs raisons :
– il est en plastique recyclé et recyclable
– il est conçu et fabriqué en France
– il comprend le kit complet, on n’a pas eu besoin de racheter des trucs en plus
– le carton de livraison sert direct au compostage

carton.JPGOuais bon, ils sont pas les plus performants sur la modestie par contre. 

Mais il y a plein d’autres fabricants, je vous parle de celui-là parce que c’est celui qu’on a choisi 🙂

Donc après la commande, on a été contactés par quelqu’un de chez Vers La Terre pour programmer la livraison. Parce qu’évidemment, le colis contient des êtres vivants (dérangeant comme phrase) donc il faut impérativement qu’on soit là le jour de la livraison !

Après quelques jours d’attente, v’là qu’on récupère le bébé.
Ouverture dans l’entrée, mon copain monte le bac (très facile !) pendant que je lis encore une fois toutes les recommandations.

IMG_9236.JPGY’a genre trois trucs à emboîter. Encore plus simple qu’une étagère Billy. 

Vient le moment d’y mettre les vers. Vraiment, ça m’a fait bizarre (ça m’a dérangée je crois) de me faire livrer des petits vers, donc des organismes vivants … Ils étaient dans leur terre, dans un sachet. On a ouvert le truc, versé dans le bac, et tout refermé.

IMG_9242.JPG« Ouiiii une nouvelle maisoooon ! »

Ensuite, on a fait une petite place dans la cuisine pour ce bac (qui n’est pas très grand), et roule ma poule !


  • On fait connaissance …

Les premiers temps, on a laissé les petits vers tranquilles. Ils s’appellent Eisenia Fetida. Oui, tous. Comme un certain personnage dans une certaine série de zombie (attention spoilers si vous n’êtes à jour !)

neganNegan aime ma blague. 

Pas question de les gaver dès le premier jour ! On a attendu, pour qu’ils s’habituent à leur nouvel environnement, puis on a commencé à leur donner à manger en très petites quantités.

IMG_9247.JPGNiveau encombrement, on est loin du tas de compost de pépé. 

Il ne faut pas voir un lombricomposteur comme une poubelle. C’est le meilleur moyen de donner trop à manger, ou pas assez, ou de se planter quelque part.
Non, il faut -je pense- le voir comme ce qu’il est : un écosystème à part entière, qui doit rester en équilibre pour que ça fonctionne bien.
C’est un peu le même principe que pour les aquariums : on peut se contenter de mettre un poisson rouge dans un bocal, mais en faisant ça on ne se préoccupe pas des besoins réels du poisson (genre, le poisson rouge ça vit avec 100 litres par individu, et le mettre seul dans un bocal c’est comme enfermer une personne dans une pièce de 2m²).

claustrophobeVoilà. Je demande pardon à Fishy, mon poisson de quand j’avais 10 ans, pour l’avoir mis dans un bocal 😦

Donc on s’informe beaucoup. Mon copain a été nommé « chef du compost » à l’unanimité (bon en même temps à 2 + une lapine qui ne sait pas parler, l’unanimité elle est pas dure à atteindre), il vérifie que tout va bien, on ajuste les apports en fonction de l’état du compost, etc.


  • Les questions que vous vous posez forcément

1) Est-ce que ça pue ?

Non !
Les responsables des mauvaises odeurs, ce sont les bactéries anaérobies, donc qui apparaissent dans un milieu privé d’oxygène.
Un lombricomposteur bien ventilé ne permet pas le développement de ces bactéries. Donc ça ne pue pas 🙂 Si ça pue, c’est qu’il y a un problème.
La seule odeur qui se dégage, c’est une odeur d’humus (donc de sous-bois) quand on ouvre le bac -et uniquement quand on l’ouvre. Une fois le bac fermé, ça ne sent rien du tout.

sous-boisQuand j’ouvre le lombricompost, vue d’artiste. 

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2) Est-ce que les vers s’enfuient ?

Les premiers jours, en me levant le matin, je jetais toujours un oeil pour vérifier qu’on n’avait pas eu une évasion massive de petits vers pendant la nuit. T’sais, en mode un peu parano de trouver un sol en vers de terre au lieu du carrelage de la cuisine.

thugwormsJe m’imaginais un gang de vers prendre l’assaut de l’appartement.

Mais en fait, jamais. De toutes façons, ils détestent la lumière.

On a eu, au début, des vers qui remontaient trop et finissaient donc sur les parois internes du bac ou sous le couvercle. Mais on les remettait gentiment dans le bac. Depuis quelques semaines, on ne les voit même plus du tout, trop occupés qu’ils sont à manger !

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3) Est-ce qu’il y a des mouches ?

Là encore, s’il y a des moucherons, c’est qu’il y a un problème, un déséquilibre dans l’écosystème. Jusque là, chez nous, tout va bien. On a eu 3-4 moucherons il y a quelques temps, mais en les faisant sortir et en asséchant un peu le compost, ça s’est très vite arrêté.

batmanBatman approves. 

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4) C’est pas un peu crade d’avoir ça dans sa cuisine ? 

Au début, c’est ce que je me disais.
Mais, hé les gars … On a bien des poubelles dans nos cuisines non ? Des poubelles dans lesquelles on laisse la bouffe macérer, entassée dans un sac plastique, sans air … En quoi ce serait plus hygiénique que de mettre cette même nourriture dans un bac spécial où elle sera mangée par d’autres organismes vivants ? Fini la peau de banane qui pourrit au fond de la poubelle, les ptits vers en font leur affaire !

pacmanUn ver peut manger la moitié de son poids chaque jour. Pacman style, quoi. 

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5) Est-ce que ça mange tout ?

Non 🙂 Un lombricompost, c’est différent d’un compost de jardin. Comme c’est un milieu fermé, l’équilibre est plus délicat à conserver, car il n’y a que les vers qui sont responsables du compostage.
Alors on ne leur donne pas les restes de produits animaux, ni les aliments vermifuges (oignon, ail, agrumes …), évidemment, ni de restes de cuisine.

britneyMëme Britney le sait. 

Mais sinon, ils ont un peu de tout, y compris du carton.

Justement, les matières carbonnées sont essentielles au maintien du bon équilibre dans le bace  Si on ne met que des déchets organiques (azotés), l’humidité ambiante va être trop élevée et le milieu va devenir acide. Et donc apparition de moucherons, vers patraques en mode gueule de bois …

À la maison, comme on a plus vraiment de déchets de ce type, on a juste gardé le carton d’emballage du lombricompost, qu’on découpe en petits morceaux pour les mettre dans le bac.


Voilà nos premiers pas dans le lombricompostage !

Comme je vous l’ai dit, c’est un véritable petit écosystème : c’est pas parce que ça a démarré correctement qu’il ne va pas y avoir de problèmes par la suite.
Donc ça demande un peu plus d’investissement qu’un simple tas au fond du jardin, qui se gère tout seul grâce à la faune qui l’habite (vers, mais aussi autres animaux, insectes, bactéries, champignons …).

Par exemple actuellement on trouve nos vers un peu amorphes, alors on essaie de trouver une solution pour leur redonner de l’énergie !

mortyLes ptits vers en ce moment.

Mais on apprend énormément de choses, et en prime le volume de la poubelle a déjà diminué 🙂
Dans quelques temps on aura (j’espère !) un terreau bien fertile pour nos petites plantes d’intérieur 🙂

En tous cas j’espère qu’à travers ces articles, certains d’entre vous considèreront cette option comme une solution viable et adaptable à votre mode de vie 🙂

11 commentaires Ajouter un commentaire

  1. pom dit :

    ravie d’aborder ce sujet »délicat »je m’y intéresse,j’ai lu pas mal d’avis,de différents composteurs(préférence vers ceux en bois,mais plastique recyclé c’est pas mal 😉 ) j’ai un balcon et une place en cuisine,mais j’hésites…ma soeur ayant une maison je lui ai parlé de faire un composte ou chacun de nous pourra rapporter sa réserve lol,elle est pas contre mais faut organiser,j’ai hâte de lire la suite de ton gang de requins oups vers dsl :p merci pour cette nouvelle saga,plus belle la vie 🙂

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    1. Wildwildwaste dit :

      Ah pas bête la solution de squatter le compost de quelqu’un !
      Dans mon cas, j’ai ma mère en région parisienne, mais à 45mn de transports (aller) donc ça fait loin pour des épluchures ^^

      J’aurais bien aimé un composteur en bois, mais je n’ai pas trouvé 😦 si j’avais été adroite de mes mains, j’aurais essayé d’en fabriquer un.

      Si tu mets ton lombricompost sur le balcon, fais juste attention en hiver (pour pas qu’ils meurent de froid) et en été aussi (pour pas qu’ils meurent de chaud ^^)

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  2. pom dit :

    ah au fait,j’aimes trop tes articles,ton humour c’est excellentissime 😉

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    1. Wildwildwaste dit :

      Merci ❤ ❤ ❤

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    2. pom dit :

      lol le squat j’assumes lol ben j’avais vu qu’il existe un seau pour la maison et hop quand il est plein l’apporter aux ‘tits vers lol comme ça même ceux qui sont pas zéro déchets participent,je les travaille 🙂 tu as bien fait à ta façon,j’adhères aussi,ben mon balcon est modeste,ombré l’été,l’hiver je me dit je le rentrerait,on verra pour quelle solution je vais opter 🙂 je vais suivre l’évolution pour toi 🙂

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  3. Dominique BLANCHO dit :

    Et vive Pépé et ses conseils toujours exprimés dans un langage de breton. Donc du terroir!!!

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  4. lepetitmondedepatricia dit :

    Nous aussi, on a adopté des petits vers depuis maintenant 2 ans… on les avait mis sur le balcon au début, mais ils n’ont pas survécu à la chaleur de l’été ! Alors on les a installé à la cave (3 étages tous les jours pour aller vider la boite à compost, ça renforce les muscles des cuisses en plus !) et ils se portent à merveille. On a tendance à oublier de leur donner du carton, oubli vite réparé quand on voit que ça devient trop humide (et on récupère le carton dans les bacs de recyclage de la résidence !). Notre poubelle a diminué de plus d’1/3 avec cette méthode !

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  5. Juliette dit :

    Haha super article dans lequel je me retrouve parfaitement ! Même composteur, même sentiment bizarre de recevoir des êtres vivants par la poste, et même parano que les vers se carapatent dans l’appartement… avec en plus une mini-phobie des animaux rampant ! J’espère que ta télé réalité aura une happy end, pas comme ma saga WORM WARS… 🙂 hihi

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  6. J’ai des vers comme colocs depuis 2 ans maintenant, et ils sont sympa : pas chiant, pas bruyant 😉 mais à deux reprises, j’ai eu le droit à tous les vers qui se font la malle . La première fois, déséquilibre, des aliments ont commencé à fermenter, ça en a tué, et l’odeur de putréfaction des vers morts (qu’on a pas vu de suite) a fait fuir les autres (les pauvres!) et la deuxième fois, bah y a eu un gros orage. Et bin, les vers aussi peuvent avoir peur de l’orage :p

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  7. mam'gal dit :

    Merci pour cet aperçu de ta vie avec les petits vers ! bon je ne suis pas concernée car justement, j’ai le compost au fonds du jardin en Bretagne 😉 mais comme ça je saurai de quoi je parle !

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