Un an de zéro déchet et de blog : on fait le bilan ?

Ça y est, 2018 est arrivé, avec son lot habituel de jeux de mots (2018, année des frites, année des cuites, années des … stalactites ?).
Je l’ai déjà dit sur Facebook, mais je le redis ici : je vous souhaite à tous une topissime année 2018, pleine de « moins » et de sacs à vrac.

On est en janvier, on a bien festoyé, bien mangé, bien été malade (je parle pour moi), alors c’est l’heure du bilan !

Ce blog a été créé il y a maintenant un tout petit peu plus d’un an (joyeux blogiversaire à moi-même), à peu près en même temps que mon entrée sérieuse dans une démarche écologique.
Où en est-on ? Et niveau zéro déchet / écologie ça donne quoi ? Quel bilan ? Nos enquêteurs (aka moi-même) vous révèlent tout, dans un article SANS gifs ! (Vous emballez pas, c’est juste pour aujourd’hui ^^)

Temps de lecture : 6 minutes


  • Dans la cuisine

La cuisine c’est un peu le nerf de la guerre en zéro déchet (avec la salle de bain). On a énormément progressé là-dessus cette année, j’en suis très contente, surtout que ça s’est fait dans la douceur, sans se forcer !

▸ Les courses
J’en avais parlé dans ces articles :
Courses zéro déchet, le match avant/après
Zéro déchet dans la cuisine : du caddie à la poubelle
Challenge du mois (février) : 100€ de courses tout bio pour le mois

Je fais dorénavant presque toutes les courses à la Biocoop, sauf rares exceptions (genre du lait concentré pour les bûches de Noël …).
La majorité des légumes et les oeufs viennent de notre AMAP, où on emmène donc nos sacs et nos boîtes à oeufs (toujours les mêmes qu’on réutilise).

IMG_9761Aperçu des saisons à l’AMAP. On n’a pas manqué de verdure cette année !

Je prends tout ce que je peux en vrac : sucre, farine, chocolat à pâtisser, riz, pâtes, sel, lentilles, pois chiches, biscuits, flocons d’avoine, tisane, gomasio, noix de cajou, amandes, fruits secs, les larmes de mes ennemis, etc.
Pour le reste, je privilégie au maximum la vente à la coupe (genre chez le fromager) pour pouvoir apporter mes contenants.

IMG_9507Mozza et feta à la coupe et dans mes boîtes par mon fromager, qui a le fameux sticker de ZW France !

Et pour ce que je ne trouve pas en vrac ou à la coupe, je choisis les emballages si je peux (si la différence de prix n’est pas démente, faut pas déconner non plus).

▸ L’essuie-tout
Aucun rouleau d’essuie-tout dans la baraque depuis au moins février 2017 ! J’ai remplacé le jetable par du durable, avec des petites lingettes très absorbantes. Si je renverse quelque chose, un coup d’éponge ou de lingette et on n’en parle plus !
Idem, pour huiler les plats, j’ai quelques petits morceaux de tissus dédiés, ça fonctionne parfaitement.

lingettes2Achetées chez Les Tendances d’Emma, ces lingettes servent aussi bien pour éponger que pour nettoyer le plan de travail, essuyer un truc …

▸ Les emballages alimentaires
J’ai encore un rouleau de papier alu … qui a servi une seule fois cette année.
Pour cuire des trucs au four, j’utilise des Silpat (toiles silicone de chez Demarle, de qualité professionnelle).

silpat.JPGDeux silpats de tailles différentes, et des beeswrap maison (tissus enduits de cire)

Du coup, pour congeler ou garder des aliments au frais, j’utilise des boîtes, des bocaux, des bols recouverts d’un beeswrap maison ou d’un tissu, ou encore plus simple : une simple assiette posée à l’envers. Au final, on se complique vachement la vie avec du cellophane hyper relou à découper …

▸ L’art de cuisiner les restes
Je suis pas hyper douée pour ça, mais j’essaie de gâcher le moins possible.
Les feuilles et fanes de légumes (qu’on a avec l’AMAP) sont soit consommées par Broussette-la-lapine-Maître-du-monde, soit cuisinées (quiche, tarte, soupe).
J’ai acheté un super bouquin plein d’idées géniales pour cuisiner les restes et épluchures : toutes (oui TOUTES) les recettes me font envie ! (La cuisine zéro déchet, de Stéphanie Faustin, éditions Rue de l’Échiquier -essayez de le trouver d’occasion, ou en bibli, c’est encore mieux).

livre.JPGQuelques recettes au pif : quiche aux fanes de navet, tomate séchée et chèvre frais ; tagliatelles fraîches aux fanes de betterave ; pancakes à la peau de banane …

▸ Les déchets organiques
Après un premier essai de lombricompost (ici), on a retrouvé tous nos petits vers morts en rentrant des USA l’année dernière 😦 Le compost était déjà assez sec, et il a fait chaud d’un coup pendant notre absence donc nous n’étions pas là pour réhumidifier le bazar. Tristesse intégrale.

IMG_9247La maison des lombrics.

MAIS depuis quelques mois on a à nouveau des vers ! On a eu récemment quelques soucis de petits moucherons, mais c’est quasiment réglé donc on va pouvoir redonner à manger à nos lombrics (sérieusement, ils me dégoûtaient au début mais maintenant je suis juste fascinée par la manière dont ils vivent dans cet écosystème, et je les trouve super rigolos).

▸ Ce qui reste
Quelques emballages de produits qu’on ne trouve ni en vrac, ni à la coupe.
Des déchets organiques qui ne vont pas au lombricompost (ail, oignon, agrumes) ou bien trop importants, les petits vers ayant une capacité de traitement limitée !


  • L’entretien de la maison

Depuis un an, je n’ai pas acheté le moindre produit d’entretien tout prêt … Je fais tout moi-même !
Et, parole de maniaque (croyez-moi), ma maison n’est ni plus sale, ni plus puante qu’avant. Après, faut demander aux copains qui passent (ça pue à la maison, les gars ? En-dehors des fesses de Broussette je veux dire).
J’avais écrit un article plus complet sur les produits d’entretien, leur dangerosité et leurs alternatives, ainsi que le gain d’argent que représentent les produits maison.

▸ La lessive
La recette que j’utilise est dans cet article (avec les autres fiches recettes).
Je n’utilise plus que ça depuis un an, toujours dans le même bidon de 3L récupéré de la dernière lessive industrielle que j’avais achetée.

Ingredients4Les ingrédients d’une lessive maison : faciiiile !

▸ La vaisselle
J’ai abandonné les éponges pour les troquer contre des tawashis, beaucoup plus résistants. Pour info, j’ai acheté mes tawashis chez Doux comme du coton (étant une quiche en art manuel) et j’en suis vraiment ravie !

J’ai longtemps fait la vaisselle à la main avec du savon de Marseille tout court (juste un bloc de savon de Marseille) et j’aimais beaucoup.
En ce moment je teste le cake vaisselle (recette ici), et je dois dire que c’est super aussi. C’est un peu plus long à faire, mais le truc dure environ trois siècles : je l’ai fait en novembre, et la pierre est à peine entamée, alors que je m’en sers tous les jours. J’évalue sa durée de vie à un minimum de six mois, c’est dire.

DSC01516Tawashi et cake vaisselle maison = à bas le liquide vaisselle !

Côté machine, j’ai un peu tâtonné au début.
Ma recette de poudre est ici, et elle marche plutôt bien. Comme on lave en mode éco, on doit parfois rincer rapidement la vaisselle avant de la mettre en machine, mais globalement je suis contente !

▸ Le ménage
Idem, aucun produit acheté.
Le nettoyant multi-usages est utilisé partout, autant dans la cuisine que dans la salle de bain ou les WC.
Pour la poussière, un chiffon humidifié suffit amplement.
Et, nouveauté 2017, je fais mon propre gel WC ! (Recette ici)

DSC01517

▸ Ce qui reste
Sur le plan de l’entretien de la maison, à part les sacs d’aspirateur (et encore, on le change pas si souvent que ça, si on l’a changé deux fois cette année c’est déjà beaucoup) (ça se change tous les combiens, un sac d’aspi ?), on n’a que du durable.
Les produits de base utilisés (cristaux de soude, bicarbonate, acide citrique …) sont en sachet papier recyclable.
Pour le savon de Marseille, je n’ai toujours pas fini la barre de deux kilos achetée en début d’année dernière -alors qu’on l’utilise aussi pour se laver !


  • La salle de bain

Second nerf de la guerre en ZD, la salle de bain (le premier nerf c’était la cuisine, suivez un peu). Là aussi, pas mal de changements en un an !

▸ Les cheveux
J’en avais longuement parlé dans un article dédié : je n’utilise quasiment plus de shampooing classique.
J’ai longtemps utilisé du rhassoul, maintenant je passe davantage sur les shampooings solides de Pachamamaï.
C’est plus rapide, et niveau transport on peut pas rêver mieux : aucun risque que ça coule (narmol, c’est solide, LOL), ça passe en cabine d’avion, ça ne prend pas de place …

shamp solide.JPGUn seul pain de shampooing dure plusieurs mois, et équivaut minimum à deux bouteilles et demi de shampooing liquide.

Côté soins, donc, je fais de temps en temps un masque d’argile blanche, ou alors juste un bain d’huile ou du miel. Pas besoin de produits supplémentaires !

▸ La peau
J’avais expliqué un peu plus en détails tout ça dans cet article.
Je me lave au savon de Marseille tout bête. Évidemment ça ne sent pas la fleur de figuier de Birmanie, mais un savon bah, ça lave. Et c’est tout ce que je lui demande !
Quand je pars en weekend ou en vacances, je prends avec moi quelques lingettes lavables, pour remplacer les lingettes jetables !

lingettesCelles-ci viennent de chez Doux comme du coton aussi et elles sont beaucoup trop kawaii.

Côté visage, plus de coton jetable depuis un bon moment : j’ai mes disques démaquillants (qui permettent de se démaquiller à l’eau uniquement), des carrés lavables, et roule ma poule.
Pour hydrater, point de crème à la composition hasardeuse : du gel d’aloe vera et quelques gouttes d’huile végétale mélangés dans le creux de la main, et hop l’émulsion minute.
J’ai remplacé l’eau florale par … un mélange eau-vinaigre de cidre ! Le vinaigre de cidre est un bon équilibrant du PH de la peau, ce qui en fait un super tonique 🙂

produits

Si j’ai envie de faire un masque, je vais mélanger de l’argile blanche avec un peu de miel ou d’aloe. Rien de plus !

Je fabrique toujours mon propre baume à lèvres (rapide et facile, recette ici).
Pour la crème main, en ce moment j’ai une crème achetée à la Biocoop car je n’avais plus d’émulsifiant pour fabriquer ma propre crème

▸ Maquillage
J’en avais parlé dans cet article aussi : j’achète du maquillage de la marque Zao, dont certains produits sont rechargeables.
Je suis toujours aussi fan de mon eye-liner ❤ et de mon correcteur et de la poudre compacte.

makeuoEn plus c’est beau !

▸ Les règles
Tout est dans cet article dédié !
Cela fait donc près d’un an que je n’ai pas acheté de serviettes ou tampons jetables. Ma cup est toujours sur le pont, tout comme les serviettes lavables. Aucun souci de ce côté ! (c’est même carrément pratique en vacances ou en rando, ça évite de laisser traîner des tampons usagés derrière soi tel un genre de Petit Poucet psychopathe)

shl.JPGMa collection de SHL. J’ai 2 très grandes, 7 grandes, 8 moyennes et 8 protège-slips. Aucune difficulté à tourner avec ces quantités, j’en ai limite trop. 

▸ Les autres petits trucs de salle de bain
Plus de cotons-tiges non plus depuis quelques mois, on a essayé et adopté l’auriculi !
J’utilisais des cotons-tiges aussi pour corriger les imperfections d’eye-liner (si toi aussi tu ne SAIS PAS poser ton eye-liner correctement du premier coup, rejoins-moi et montons un club).
Je remplace donc les cotons-tiges par (tout bêtement) un petit pinceau à maquillage, type pinceau à correcteur. Ça fonctionne super bien.

auriculi.JPGÇa paie pas de mine mais c’est super efficace ! Ceux-là viennent de chez Lamazuna

On est aussi définitivement passé au dentifrice solide. Le machin est tout petit, super pratique et très efficace !

Pfuiiit encore du jetable en moins !

▸ Ce qui reste
Dans la salle de bain, vraiment pas grand chose … Je crois même qu’on n’a plus du tout de jetable, à part l’occasionnel pansement (vu que j’achète mes shampooings et dentifrices solides en vrac sans emballage chez Day by Day).
Niveau médicaments, on en prend peu à la maison, mais on en a un peu quand même, donc il reste également les quelques plaquettes alu de comprimés.


  • Ailleurs dans la maison

▸ Le minimalisme fait petit à petit sa place dans ma manière de voir les choses. Je désencombre régulièrement, le minsgame a été super instructif et m’a donné envie de faire encore plus de place !

Même à l’extérieur, je m’efforce de limiter mes déchets. J’ai une gourde tout le temps sur moi, pour ne pas avoir à acheter de bouteille d’eau, par exemple. J’ai trouvé la mienne -en inox- sur le site sans-bpa !

gourde.JPG
Ma petite gourde, hyper pratique dans mon sac à main.

▸ Ce qui reste
La litière de Broussette … Sans compost en pleine terre, difficile de se débarrasser de la litière de la lapine autrement que par la poubelle. Et elle ne veut pas de mini-compost dans sa cage, je le sais, je lui ai demandé.


  • L’éthique

D’une part, on est passés chez Enercoop en avril pour le contrat d’électricité. Aucun regret à ce jour, on ne paie pas plus cher (limite moins cher en fonction des factures).

Et en novembre, j’ai aussi changé de banque pour passer au Crédit Coopératif, une banque un peu plus éthique que les autres.
Je vous prépare un article sur ces deux enseignes !

enercoop.png

credit coop.jpg


  • La circularité

Vous le savez peut-être, j’attache une importance particulière à la réutilisation, au marché de l’occasion et à l’économie circulaire et sociale en général.

En 2017 j’ai acheté du neuf. J’ai aussi essayé, quand je le pouvais, de privilégier l’occasion dès que possible.
J’avais d’ailleurs écrit deux articles sur le sujet de l’occasion : pourquoi c’est difficile, et les avantages de ce circuit. J’avais même été invitée sur Europe 1 pour en parler (le quart d’heure de gloire).

Donc en 2017, j’ai aussi beaucoup acheté d’occasion, des vêtements surtout (Vinted essentiellement, mais aussi un peu Emmaüs).

boots.jpgMes boots préférées, achetées sur Vinted.

Et ça va continuer puissance mille en 2018 puisque je me suis engagée dans le défi « Rien de Neuf » de Zero Waste France ! J’en ferai un article à part entière 🙂


  • Côté blog

De vous à moi, en commençant ce blog je n’étais pas sûre de tenir longtemps. J’ai toujours du mal à aller au bout des choses.
Le fait est que je suis toujours là !

J’ai eu des périodes d’absence (y compris récemment) mais j’essaie de ne pas culpabiliser, de simplement accepter que, par moments, j’ai besoin de déconnecter complètement et que ça va, la Terre va pas s’arrêter de tourner (ou si peu).
En commençant, je m’étais imposé un rythme très difficile (deux articles par semaine -vu la longueur de mes articles, vous comprenez que c’était chronophage !).
J’ai progressivement ralenti. En fait, j’aimerais ne pas me sentir coupable de ne publier que quand j’ai vraiment envie ^^ (ça semble logique dit comme ça)

BREF grâce au blog j’ai même été invitée à parler sur une grande radio nationale, et c’était une super expérience !

europe 1Enfin je dis ça maintenant, mais sur le coup j’en menais pas large !


C’est tout pour ce bilan -et c’est déjà pas mal !
J’aurais bien aimé pouvoir vous proposer une estimation chiffrée du poids de nos poubelles, mais je n’ai pas de pèse-personne à la maison XD (j’envisage d’en acheter un … d’occasion of course !).

J’ai aussi quelques objectifs pour 2018, je vous en parlerai plus tard 🙂
Pour le moment, je trouve le bilan très satisfaisant, je suis très contente du chemin parcouru, surtout qu’au final ma vie n’en est pas bouleversée -signe que la plupart des changements se sont faits dans la douceur, et parce que j’y étais prête.
Tout n’est pas parfait, évidemment, et j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir : je n’ai pas parlé des déjeuners sur le pouce avec sandwich triangle ou des colis livrés à la maison alors que j’aurais pu aller en magasin. Ni des blocages psychologiques qui subsistent sur certains sujets.
J’ai préféré me focaliser sur le positif !

Je tiens aussi à signaler que ma vie sociale ne s’en est pas trouvée changée – oui oui, on peut faire du ZD et même être l’écolo relou de service, ET avoir toujours des amis.
Je vois toujours autant mes amis, avec qui je discute parfois de ces sujets (y’en a même qui se sont inscrits à une AMAP !).
Après j’ai de la chance, mon entourage proche est plutôt compréhensif et encourageant !

Et vous, quel bilan tirez-vous de 2017 côté écolo ?

Pic : Brigitte Tohm – Unsplash – CC